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Voici les meilleures expressions françaises nées à Paris

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Suzanne Mahe

Ça se bouscule au portillon

Ici, on parle des portillons du métro devant lesquels les Parisiens se pressaient (et se pressent toujours). À l’heure de pointe, les gens se bousculaient devant ces portillons pour que le poinçonneur leur donne accès aux quais le plus vite possible. Elle renvoie aujourd’hui à l’idée de concurrence pour atteindre un objectif.


© RATP 


Charabia

Pour celle-ci, nous ne sommes pas allés chercher très loin. Le charabia est apparu au début du XIXᵉ siècle dans les rues de la capitale pour désigner le patois jugé incompréhensible des Auvergnats.

Entrer à l’œil

Cette expression est pour ceux qui sont toujours dans les bons plans pour économiser. Entrer à l’œil, c'est-à-dire rentrer gratuitement quelque part, proviendrait de la brigade française du proxénétisme. Ses agents avaient un petit œil sur le revers de leurs vestes pour entrer gratuitement dans les maisons closes et pouvoir ainsi les contrôler.


Être charrette

Même si on l’imagine venir des campagnes, cette expression viendrait du jargon des architectes. À l’époque, les étudiants en architecture des Beaux-Arts devaient rendre une maquette réalisée en très peu de temps à la fin de l’année, et c’est une charrette qui venait les récupérer. C’est donc de là que vient cette expression qui signifie aujourd’hui être à court de temps !


Être dans la dèche

Cette expression signifiant « être dans une situation désastreuse » proviendrait d’un joueur de tambour du cirque Olympique qui avait pour ambition de devenir acteur. Malheureusement pour lui, lors de sa première apparition sur scène, il dira « Quelle dèche, mon empereur » au lieu de « Quelle déception, mon empereur ». Une erreur qui le suivra jusqu’au bout de sa vie, et même bien au-delà.


Faire la java

Lorsqu’on fait la java, on fait la fête, et on la fait vraiment ! Cette expression provient d’une danse populaire des années 1910 apparue à Paris. Elle est née chez les accordéonistes en réaction aux soirées de la haute société très, voire trop codifiées, où l’on dansait la valse.

Gamin

Apparu sur les faubourgs parisiens, à l’époque où le terme gaminer signifiait s’agiter, le mot gamin désignait simplement les enfants qui passaient leur temps à s’amuser dans les rues.


Guinguette

Quelle fierté de savoir que ce mot qu’on adore tous prononcer à l’arrivée de l’été vient de chez nous ! Il désignait à l’époque les petits cabarets populaires aux abords de Paris, où les gens venaient boire et manger. Le mot provient de « guinguet », un vin blanc bon marché servi dans ces endroits.


© JeanLucIchard / Shutter Stock

La fête à Neuneu

Bon, il faut l’avouer, celle-là ne vient pas de Paris même, mais de Neuilly. Elle désigne les fêtes foraines, instaurées par Napoléon, qui avaient lieu chaque année à Neuilly-sur-Seine (Neuneu) pour amuser les habitants de Paris et ses alentours.


La thune

Pas besoin de vous rappeler que la thune signifie de l’argent, pas vrai ? Mais saviez-vous que cette expression provient des pièces de 5 francs juste après la Révolution française ? Eh oui, à cette époque, la thune signifiait l’aumône, et cette pièce était la plus donnée aux nécessiteux.


Métro-boulot-dodo

Aucun doute sur celle-ci, c’est une expression parisienne pour désigner le train de vie parisien. Elle nous vient du poète Pierre Béarn qui décrit, grâce à elle, la monotonie de travailler en usine. Aujourd’hui, on l’utilise plutôt pour décrire la routine du commun des mortels à Paris.


Midi pétante

Si vous vous décidez à vivre réellement cette expérience, alors rendez-vous au jardin du Palais-Royal, là où un canon solaire a été inauguré en 1786. À chaque milieu de journée, soit à midi pile, les rayons du soleil se concentraient dans une loupe, mettant le feu à de la poudre à canon : ce qui produisait une petite détonation. Avec le temps, cette expression s’est étendue à toutes les heures de la journée.


On ne va pas attendre 107 ans

Même si vous n’avez plus utilisé cette expression depuis le collège, vous avez le droit de savoir d’où elle vient. Cent-sept ans vient, selon la légende du temps de construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ce qui est dommage, c’est que ce chantier aurait duré en réalité près de 200 ans…


© Sergii Figurnyi / Shutter Stock 


Se tenir à carreau

Pour cette expression, il vous faudra surement un peu de contexte. À l’époque, la « carree » signifiait la chambre. Alors pour la police, une personne qui se tenait à carree n’était pas suspecte, puisqu’elle restait au calme chez elle. C’est avec le temps que la carree est devenue « carreau ».