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5 anecdotes historiques que vous ne connaissez pas sur Paris

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Suzanne Mahe

1) Celui qui a créé des produits dérivés à partir des pierres de la Bastille

Le 14 juillet 1789, c’est la prise de la Bastille. Eurêka ! La Révolution française a commencé. Mais si tout le pays a les droits de l’Homme en tête, il y en a un qui ne perd pas le nord : Palloy. Cet entrepreneur en charge du démontage de la prison s’avère être un vrai businessman. Si la majorité des pierres servent à construire le pont de la Concorde, Palloy, lui, a surement trop écouté Lavoisier. Si « rien ne se perd, tout se transforme », alors il fera des produits dérivés de la destruction de la Bastille. Il fait sculpter des miniatures de la Bastille dans ces pierres. Avec les anciennes chaînes des prisonniers, il fait des médailles, des tabatières ou encore des bijoux pour les vendre en souvenir. Pour les plus curieux, vous pouvez retrouver certains de ces vestiges au Musée Carnavalet.


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2) Le jardin des plantes a été englouti pour les fêtes de Noël.

On connait tous l’histoire du siège de Paris pendant la guerre franco-allemande de 1870. Mais savez-vous comment les assiégés ont fêté le réveillon de Noël de 1871 ?

Depuis des mois, on ne trouve ni de bœuf, ni de cochon, ni d'agneau dans Paris. Les Parisiens se sont donc résolus à manger les chevaux, les chats, les rats, les lapins… Mais le célèbre chef de l’époque, Choron, ne veut pas se contenter de cela. Il décide donc d’innover. Au menu du soir, on retrouve les différents animaux du jardin des Plantes de Paris : tête d’âne farcie, chameau rôti à l’anglaise, civet de kangourou, côte d’ours, cuissot de loup ou encore les célèbres éléphants Castor et Pollux. Mais si vous hésitez à goûter, ne le faites pas ! Les témoignages disent que : « C’était dur, grossier et huileux, et je recommande de ne pas manger d’éléphant », étonnant ?


© BNF


3) Mais donc, on met quoi dans les zoos maintenant ?  

Bon… Celle-là est loin d’être glorieuse, il faut l’avouer. Les Parisiens n’ayant apparemment plus d’animaux dans les zoos (on se demande bien pourquoi…), ils ont tout simplement décidé d’y mettre des humains. En 1877, on voit donc apparaître un peu partout des « villages anthropozoologiques » qui mettent en scène la soi-disant vie des colonies françaises.

Le phénomène est tellement populaire qu’un « village nègre » sera exposé sur l’esplanade des Invalides pour l’exposition universelle de 1889. Il faut parfois faire la queue durant des heures pour voir ce "spectacle". Mais si vous pensez qu’il ne pouvait pas y avoir pire, vous vous trompez. Des personnes mourront dans ces enclos à cause des conditions de vie trop rudes, et des dépliants seront vendus (à 25 centimes) pour décrire ces populations « jaunes », « noires » et « marrons ». Dans ces fascicules, on parle surtout de scarification, de fétichisme, de polygamie et de cannibalisme


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4) L’homme qui a vendu la tour Eiffel

Victor Lustig, un grand escroc du XXe siècle, a réussi l’impensable. Lorsqu’il apprend, en 1925, que l’entretien de la dame de fer coûte une fortune, il profite de cette opportunité pour en tirer parti. Il se fait passer pour un fonctionnaire et envoie des courriers aux ferrailleurs de la ville pour les prévenir que la tour Eiffel sera bientôt démontée et vendue au prix du fer. Mais chut ! Il ne faut rien dire car si la nouvelle se répand, l’opinion publique s’enflammera. Un ferrailleur tombera dans le panneau, et payera le pot-de-vin demandé par Lustig pour être prioritaire sur le matériau : 100 000 francs.

Il ira se réfugier aux États-Unis mais se fera arrêter des années plus tard, après avoir arnaqué de nombreuses autres personnes, dont un certain Al Capone. L’histoire raconte qu'on a retrouvé dans sa cellule une photo de la tour Eiffel avec marqué « vendu pour 100 000 francs » dessus.


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5) Une intruse dans les égouts de Paris

Le 7 mars 1984, on découvre Éléonore qui vit depuis environ deux mois dans les égouts de Paris. Mais si cette pauvre jeune fille vous fait de la peine, elle n’est en réalité pas du tout celle que vous imaginez. Il s’agit d’un crocodile du Nil long de 80 cm. On vous voit venir, non elle n’a pas nagé jusque-là. On estime qu’elle a été domestiquée puis abandonnée par ses propriétaires avant d’établir domicile au niveau du pont Neuf.

Une fois récupérée par les pompiers et examinée par des spécialistes, elle a été transférée dans un aquarium à Vannes, dans le Morbihan. Elle est restée dans une scénographie reproduisant les égouts pendant 30 ans, le temps d’atteindre 4 mètres de long ! En 2020 elle rejoindra une ferme de crocodiles dans la Drôme, mais nous quittera un an plus tard, en 2021.


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