26 artistes célèbrent leur mère dans cette magnifique expo au BAL

undefined 1 décembre 2023 undefined 20h05

Clemence Varene

Que l’on soit un fils à maman ou pas, notre mère reste, quoi qu’il arrive, le fondement, le point de départ de notre vie. Ce qui explique sans doute d’ailleurs que la question de la filiation et de l’amour maternel soient des sujets aussi récurrents dans l’art. Mais cette relation peut prendre mille et une figures, comme le montre le BAL à travers des œuvres qui explorent aussi bien la présence que l’absence, la fusion que la séparation.

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De l’intime à l’universel

D’un espace à l’autre, on découvre des textes, des photos, des vidéos et même des créations sonores. Tous les moyens sont bons pour essayer de rendre compte de la complexité du lien qui peut unir une mère à son enfant. Pourtant, alors que tous les artistes partent de situations qui leur sont très personnelles, on s’y retrouve toujours, d’une façon ou d’une autre.

Oui, même face à cette vidéo de l’artiste Ragnar Kjartansson, qui se laisse allègrement cracher dessus par sa mère, dès l’entrée au sein de l’espace d’exposition. C’est un peu déroutant, on vous l'accorde, mais très vite, on finit par s’attacher à cette maman et son fils qui, tous les 5 ans, se retrouvent pour cette séance de crachats. Et on pourrait même y voir quelque chose de touchant, finalement, ou en tout cas d’amusant, et de léger.

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Les créations se suivent, et ne se ressemblent pas. Ici, des photos en noir et blanc d’un homme qui danse avec sa mère jusqu’à en perdre l’équilibe. Là, un film d’1h30 où s'enchaînent les plans de New York, rythmés uniquement par les lettres d’une mère à sa fille. Un peu partout, des extraits de romans, d’essais, dont celui de Roland Barthes qui, dès l’entrée, nous pose une question fondamentale : connaît-on vraiment sa maman ? (Et si ça, ça ne vous fait pas réfléchir un minimum…)


Anna et Bernhard Blume, Flugversuch, de l'ensemble Ödipale Komplikationen?, 1977-1978 © Estate of Anna and Bernhard Blume; VG Bild-Kunst, Bonn, 2023 / Courtesy Kicken Berlin © Adagp, Paris, 2023


Portrait d’une absente

Mais ce qui touche particulièrement tout au long de cette exposition, c’est la question de l’absence, du manque. Qu’elle soit choisie ou imposée, temporaire ou définitive, il faut savoir vivre avec l’absence de la mère. Et pour ça, tous les moyens sont bons. On est particulièrement touchés par la démarche de Sophie Calle, qui est allée jusqu’au Pôle Nord pour rendre hommage à sa mère en y déposant son collier (Chanel), son diamant, et une photo d’elle.


Sophie Calle, de l’installation Pôle Nord, 2008 © Sophie Calle © Adagp, Paris, 2023

Pas besoin d’être toujours aussi excessif cela dit, le deuil peut aussi passer par les affaires, qu’on retrouve, qu’on photographie, ou bien par une forme de partage impossible, et pourtant hyper émouvant, comme le fait si bien Lebohang Kganye, qui crée des montages où elle se rajoute sur de vieilles photographies de sa mère.

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Pour être honnête, on est ressortie un peu bouleversée de cette exposition, qui nous a fait rire et pleurer, et qui surtout nous a donné vachement envie de nous lancer dans la création d’une œuvre en duo avec notre maman…


À partir d'elle - Des artistes et leur mère

Le BAL
6, impasse de La Défense – 18e
Jusqu'au 25 février
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