Tour du monde à Paris : virée dans le quartier africain

Paris la belle, aux mille visages et multiples facettes. On ne cessera jamais de répéter que notre capitale chérie est un vivier de cultures différentes. Alors au lieu de seulement vous donner des adresses où s'envoler en Afrique sans quitter Paris (on l'a fait quand même, pas de panique), on a aussi essayé de comprendre comment et pourquoi Château Rouge/Goutte d'Or est devenu le quartier africain de la capitale. Pas la peine de booker vos billets, on vous emmène au Sénégal, au Maghreb, au Congo et ailleurs en métro. Suivez le guide...

 

Il suffit de descendre à Château Rouge ou Barbès pour être enivré par les odeurs d'épices, de poisson et autres qui inondent les rues de cette partie du 18e. Encore plus en déambulant dans le marché Dejean, plus gros transit de marchandises africaines d’Île-de-France. Ça continue avec les 200 boutiques africaines de toutes les régions confondues décorant le paysage : congolaise, sénégalaise, marocaine… Pas de doute, on est bien dans le fief des Africains de Paris.

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Et ce n'est pas par hasard qu'ils se sont installés ici puisque « la Goutte d'Or est depuis les années 1820 un quartier d'immigration. Avant eux, les ouvriers de province, polonais, italiens avaient élu domicile dans ces rues » raconte Jean-Marc, fondateur de la galerie Echo Musée rue Cavé et habitant du quartier depuis 25 ans. Ce Parisien de 52 ans accueille tous les mercredis ses voisins et les autres, pour une jam session. Chacun se balade dans la galerie, lui claque la bise, il connaît tout le monde et vice versa. Avec Ameth, autre figure du quartier, ils organisent même ponctuellement des visites guidées sur les adresses de mode de Château Rouge/Goutte d'Or : les couturiers, les sapeurs, les vendeurs de tissus...

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Cette mémoire vivante de « sa Goutte d'Or » comme il l'appelle, raconte que « ce n'est qu'après la Deuxième Guerre mondiale, quand la France fait venir des travailleurs maghrébins pour reconstruire les villes, qu'ils s'installent dans le 18e Est ». A ce moment-là, le quartier est même surnommé "la casbah de Paris" ! Les Africains de l'Ouest et des colonies françaises arrivent, eux, dans les 70's/80's pour des petits boulots de maintenance, ménage ou pour travailler dans les usines.

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Depuis, la communauté africaine a adopté le quartier, pour le plus grand bonheur des habitants prêts à acheter les produits et aliments importés directement du continent ou se faire tailler une robe sur-mesure par un couturier rue Saint-Luc. Pourtant, cette ambiance colorée et exotique n’a pas toujours été monnaie courante ici. Quand Jean-Marc arrive rue Cavé il y a 25 ans, « les immeubles étaient en ruine, le quartier vétuste, sale… Comme les loyers étaient moins élevés que dans le reste de Paris, il y avait beaucoup d’artistes ici. » A l’instar du quartier Rosa Parks, depuis les années 2000, la Mairie entreprend la réhabilitation de la Goutte d’Or/Château Rouge. Visiblement ils ont réussi à redynamiser cette partie du 18e puisqu’aujourd’hui « 45 langues se mélangent dans les écoles et crèches », selon le galeriste.

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N’en déplaise aux mauvaises langues, Paris c’est ça : la couleur, la mixité et le mélange des cultures ! Il suffit d'écouter la créatrice Sakina M’sa, dont l’atelier-boutique illumine la rue des Gardes depuis 2006, pour découvrir l'ambiance du quartier. Cette boule de bonne humeur et d'énergie de 44 ans est tombée amoureuse du 18e dès qu'elle y a atterri au début des années 2000. Depuis, elle y puise son inspiration et se nourrit de l'ambiance du quartier, de son abondance de cultures pour créer des vêtements vitaminés et écolos. Avec elle, on fait le tour du tier-quar. Une visite guidée très privée nous fait faire un break exotique sans quitter Paris.

Et vous nous connaissez, comme on est prêteurs, on a décidé de partager avec vous ses meilleures adresses. Et que ça ne vous empêche pas de flâner dans les rues pour tomber sur des boutiques de Wax, les couturiers et autres revendeurs. On y va ?

Les bonnes adresses de Château Rouge/La Goutte d'Or page 2