Lutter contre la pauvreté en taxant les riches, c’est une idée sur le tapis depuis des années. Mais le faire en aidant les pauvres, paradoxalement, est une solution moins mise en avant. C’est pour pallier ce manque que cinq économistes ont décidé de s’intéresser aux causes de la pauvreté, et donc au moyen de l’éviter. Pour cela, ils se sont fondés sur des données recueillies par les Restos du Cœur entre 2018 et 2025. Et sur ces cinq années, le résultat est sans appel.
Une population loin des idées reçues
Le premier constat que dresse l’étude, publiée le lundi 5 octobre, c’est que sur les 8 années prises en compte, le taux de pauvreté en France n’a fait qu’augmenter. Ainsi, sur la période étudiée, le nombre de personnes accueillies a progressé de 37%, principalement pour celles en précarité résidentielle (à la rue ou sans logement personnel), montant jusqu’à 62% dans ce cas-là. Et contrairement aux avis reçus, sur les 5,5 millions d’individus ayant bénéficié d’aide, les personnes âgées sont très sous-représentées, quand les moins de 10 ans représentent un quart du groupe (contre moins de 10% de la population française). Point positif cependant, sur l’ensemble du panel, seules 14% des personnes sont accueillies plus de trois ans par l'association, démontant l’idée d’une précarité « à vie ».
Le nombre de personnes vivant dans la grande pauvreté a augmenté de 37% entre 2018 et 2025. Et la situation continue d'empirer. C'est le bilan de la Macronie. Il faudra bientôt tout reconstruire : nous déclarerons l'état d'urgence sociale. Bravo aux bénévoles qui, par leur engagement, évitent l'effondrement social généralisé. https://t.co/7uqWnFEXju
— Clémence Guetté (@Clemence_Guette) October 5, 2026
Des causes sociétales aux conséquences évidentes
Pour justifier cette situation, l'association dresse tout simplement des ponts entre la situation sociale et économique d’une zone et le nombre de personnes précaires. Ainsi, selon les données relevées, une hausse du chômage local de 10% entraîne une hausse de plus ou moins 10% du nombre de personnes en précarité résidentielle, et de 13% pour la précarité alimentaire. Même chose au niveau des prix du loyer : plus les logements sont chers, plus les personnes dans le besoin sont nombreuses. À l’inverse, si l’on augmente le nombre de logements sociaux ou de places en entreprises disponibles à l’échelle locale, la pauvreté diminue en conséquence.
Une nouvelle étude réalisée à partir des données @restosducoeur illustre l'hyper-jeunesse de l'extrême pauvreté en France et sa décroissance par âge. Les -25 ans représentent un quart de la population mais la moitié des bénéficiaires des restos du cœur. https://t.co/Ma2rTZ7osq https://t.co/K0ZSozvQDR
— Maxime Sbaihi (@MxSba) October 5, 2026
Quelles solutions
Ainsi, selon les cinq chercheurs impliqués dans l’étude, il existe deux solutions pour lutter contre l’augmentation de la précarité. Dans un premier temps, prévenir celle-ci, plutôt que d’essayer de la résoudre alors qu’elle est déjà là. Pour cela, il faut garantir une stabilité des prix des loyers et de l’alimentaire, mais également une stabilité d’emploi. Mais surtout, il faut traiter le problème le plus vite possible, puisque toujours selon l’étude, plus la précarité dure, plus il est difficile d’en sortir. C’est d’ailleurs pour cette raison que les jeunes s’en sortent plus facilement. 32% des moins de 25 ans quittent l’association à l’issue d’une seule campagne de six mois, contre seulement 22% des 65 ans et plus.
#Pauvreté | La part de personnes en situation de pauvreté quatre années consécutives a presque doublé en l’espace de 15 ans : entre 2021 et 2024, 7 % des individus font l’expérience d’une situation de pauvreté continue, contre 4 % entre 2008 et 2011. 👉 https://t.co/VZslshsLNA https://t.co/ydOB7aqBLq
— Insee (@InseeFr) October 2, 2026
