hd-20250718-0151

Canicule : la Seine n’a jamais été aussi chaude

undefined undefined undefined 08h30

Clémence Varène

Depuis quelques années, un phénomène est de plus en plus observable à travers le globe : les eaux de la planète se réchauffent, conséquence directe du dérèglement climatique. Et visiblement, celles de la capitale ne font pas exception, puisque cette année, des températures jamais atteintes auparavant ont été relevées dans la Seine et ses affluents. Seulement, voilà, tout comme nous, les poissons qui y résident n’aiment pas la chaleur.


Une grande première

L’observatoire MeSeine, le réseau de surveillance environnemental créé par le service public de l’assainissement en Île-de-France (SIAAP), est formel : la Seine n’aura jamais été aussi chaude. Selon les relevés effectués cet été par l’organisme, ces dernières semaines, le fleuve atteignait presque les 30°, avec pas moins de 28,1 °C notés le 26 juin dernier, ou 27 °C le 17 juillet. Des températures pour l’instant jamais enregistrées dans la capitale, qui ne sont malheureusement pas si surprenantes. En effet, selon les derniers rapports en date, la températures globale de la Seine a augmentée de 2,5° entre 1870 et 2019, et à en croire les projections actuelles, d’ici 2100, elle pourrait gagner à nouveau 2 ou 3° à cause des vagues de canicules qui semblent se profiler, à l’image de cet été.


Des espèces en danger

Seulement, voilà, si ces vagues de chaleur ne sont déjà pas une bonne nouvelle pour nous, elles le sont encore moins pour la faune de la Seine, qui se retrouve dors et déjà menacée. Pour l’instant, bien que non quantifiable, on observe déjà une mortalité plus prononcée que d’habitude. Ce d’autant plus que la première canicule a eu lieu exactement au moment de la période de reproduction, alors que les jeunes poissons ont besoin d’eaux fraîches pour se développer. La canicule provoque également une réduction de la quantité d’oxygène dans l’eau, menaçant les truites, chabots, vandoises et autres brochets présents dans les eaux de Paris. Surtout que ces eaux plus chaudes attirent des espèces tropicales invasives, comme le gobie à taches noires ou la perche soleil, qui favorisent le déclin des espèces endémiques. Une situation dramatique, qui marque un grand retour en arrière après le retour de certaines espèces historiques suite à l'amélioration de la qualité de l'eau après les JO, face à laquelle on espère que des solutions seront proposées prochainement.