Aujourd'hui, pour fuir le béton parisien, tu t’exiles aux Buttes-Chaumont. Mais dans les années 1800, the place to be pour décompresser se trouvait un peu plus à l’est, le long de la Marne. Nogent, Joinville-le-Pont, Champigny… Ces noms résonnaient comme le Ibiza d'aujourd'hui.
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Le combo gagnant : train de banlieue, friture et vin qui pique
Pour comprendre la naissance de ce phénomène, il faut remonter aux années 1850. À l'époque, Paris étouffe dans ses frontières de briques. Heureusement, le chemin de fer pointe le bout de son nez et relie enfin la capitale aux boucles de la Marne. Pour les ouvriers et les petits bourgeois, c'est la liberté : pour quelques sous, on s'offre un aller-retour vers la verdure le dimanche, seul jour de repos de la semaine.
Mais d’ailleurs, pourquoi guinguette ? Tout vient du Ginguet, un petit vin blanc local produit à Belleville ou sur les bords de la Marne. Sa particularité ? Il était bon marché, pétillait un peu, et surtout… il n'était pas soumis aux taxes de Paris ! Autant te dire qu'on le commandait au litre pour accompagner la fameuse friture de goujons pêchés directement dans la rivière. On y venait pour manger avec les doigts, boire frais et oublier les patrons.
Le temple de la java et du joyeux bordel
Mais c'est à la nuit tombée que les guinguettes révèlent leur vraie nature de clubs à ciel ouvert. Sous les lampions colorés, on se presse sur les parquets de bal. On y danse la polka et bientôt la java, rythmés par les premiers accordéons apportés par les immigrés italiens du coin. Ce qui fascine à l'époque, c'est le mélange social absolu, totalement impensable dans le Paris intramuros. Les artistes peintres comme Renoir ou les écrivains comme Maupassant viennent y chercher l'inspiration, accoudés au comptoir à côté des ouvriers de Belleville et des jeunes femmes. C’est bruyant, c'est joyeux, ça danse et ça s'aime sur des airs de valse.
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Une parenthèse de liberté totale qui façonnera pour toujours l'ADN festif de la région parisienne.
Après avoir été boudées pendant quelques années, les guinguettes opèrent un vrai retour en force. Dès les beaux jours, on y court pour fuir le béton parisien, boire un verre sous les lampions et déconnecter au bord de l'eau. Plus d'un siècle plus tard, la recette n'a pas changé : de la simplicité, du grand air et de la convivialité.
Les survivantes de la fête : où trinquer aujourd'hui ?
Si la plupart des temples de la fête ont plié bagage face aux clubs techno et aux rooftops branchés, quelques adresses mythiques ont survécu à l’épreuve du temps. Pas de faux-semblants ici : on y retrouve exactement la même ambiance qu'à l’époque. C'est le retour aux sources absolu, le spot idéal pour chiller un dimanche après-midi, un verre de blanc à la main et les pieds presque dans l'eau.
Pour tester l'expérience en mode réel, voici deux adresses mythiques qui font vibrer les bords de Marne depuis plus d'un siècle :
La Guinguette des Maquereaux
Installée sur le port de plaisance de Nogent, au programme : des grandes tables en bois, des guirlandes lumineuses, mais surtout des assiettes de fruits de mer ultrafraîches, des huîtres bien fraîches et des petits verres de vin blanc. On y vient pour l'apéro prolongé au coucher du soleil, bercé par l'eau et les DJ sets ou concerts acoustiques qui rythment le week-end.
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La Guinguette de l'île du Martin-Pêcheur
Un poil plus secrète, cette guinguette est nichée sur une petite île accessible par une passerelle. Ici, l'ambiance est ultra-conviviale et un brin bohème. On mange sous les arbres, on écoute les concerts live et on profite d'un vrai break de verdure sauvage, coupés du monde.
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Plus qu'une simple tendance, les guinguettes des bords de Marne prouvent que le besoin de lâcher prise, de mixité et de fête sans chichis est universel. La vraie décompression se trouve peut-être là, à quelques kilomètres de l'est parisien, les pieds dans l'herbe et le cœur léger.
