Sorties ciné : 5 films à voir cette semaine (12-18 avril)

Tous les mercredis, il se passe un truc spécial dans la vie des cinéphiles. Oui, vous. A la tombée du jour, ils sortent du trou obscur et maculé de popcorn qui leur sert d'habitat pour s'exposer à la lumière des lampadaires et se diriger clopin-clopant vers le cinéma le plus proche. Comme on vous aime bien, amis cinéphiles - aussi chelou soyez-vous -, on détaille pour vous dans les lignes qui suivent les films qui sortent cette semaine, enfin du moins ceux qui ont retenu notre intérêt.


N'étant pas un fan de la série des Fast and Furiousje ne saurais vous conseiller d'aller voir ce huitième opus. Cependant le film mérite probablement que j'y consacre quelques lignes, on y trouvera quand même une course-poursuite sur la banquise mêlant des Lamborghini à des tanks et à un sous-marin. Ouais, c'est ce qu'on appelle du grand spectacle, à tester en 4DX, sensations garanties. Parmi les autres films notables mais pas assez pour en donner le détail, on trouve Un Profil pour deux avec Pierre Richard, Yaniss Lespert et Fanny Valette, et Je danserai si je veux, un film palestinien qui met en scène Layla, Salma et Nour, trois jeunes femmes colocataires à Tel Aviv : choc des cultures, émancipation féminine et tout et tout... ça a l'air pas mal du tout ! Enfin, il y a ce docu inclassable, Pas comme des loups, consacrés à deux jeunes d'à peine 20 ans à la lisière de l'exclusion, des gars originaux et magnétiques qui traînent dans des souterrains, des prairies, des bunkers, et filmés avec une poésie manifeste et très attirante. 


The Young Lady
, de William Oldroyd

Si vous affectionnez Jane Austen, les amours contrariées et les robes victoriennes, le premier film de William Oldroyd devrait vous enchanter. Dans une petite bourgade anglaise, en 1865, la jeune Katherine s'ennuie ferme aux côtés de son mari deux fois plus âgés. Un beau jour, elle tombe éperdument amoureuse d'un palfrenier employé par son mari, parti à la ville pour quelques temps. Faisant fi des conventions, Katherine est prête à tout pour vivre à fond sa passion. On assiste apparemment à la naissance d'une jeune actrice très prometteuse, Florence Pugh.


La jeune fille et son aigle
, de Otto Bell

Le titre de ce docu sonne comme un conte de Charles Perrault, et le résultat n'a pas l'air d'en être trop éloigné. Une jeune fille de 13 ans décide de devenir dresseur d'aigles royaux, un métier habituellement réservé aux hommes en Mongolie. Avec la complicité de son père, Aisholpan adopte un de ces superbes rapaces pour en faire un chasseur de renards. Au menu de ce documentaire familial : grands espaces, complicité, émotion, traditions. Probablement le truc le plus émouvant que vous pourrez voir en ce début d'année. 


L'Homme aux mille visages
, d'Alberto Rodriguez

Le réalisateur de l'excellent La isla mínima nous revient avec un nouveau thriller policier historique. Cette fois l'histoire est vraie et nous trimballe à travers le monde entier dans les années 90. On y suit Francisco Paesa, ex agent secret espagnol, engagé pour résoudre une dernière mission. L’homme y voit l’opportunité de s’enrichir tout en se vengeant du gouvernement qui l'a trahi par le passé. Agents secrets et trahisons dans tous les sens, le tout en espagnol... on dit bueno !


A voix haute - La force de la parole
, de Stéphane De Freitas et Ladj Ly

Des étudiants de l'Université de Saint-Denis se préparent, avec l'aide d'un spécialiste, au concours annuel "Eloquentia" qui vise à élire le meilleur orateur du 93. La prise de parole en public est toujours un exercice difficile et révélateur, l'occasion pour ces jeunes gens de se dévoiler et d'en apprendre plus sur leurs camarades et sur eux-mêmes. « Un coup de projecteur sur une facette de la banlieue qu'on connaît mal, un testament humaniste et plein d'espoir. » Télérama. Non je déconne, mais ça a l'air vachement bien.


Lettres de la Guerre
, de Ivo M. Ferreira

Le film reconstitue la vie d'un médecin militaire en Angola entre 1971 et 1973, à partir des lettres qu'il écrivait à sa femme. Le médecin en question, c'est António Lobo Antunes, écrivain portugais contemporain dont les 280 lettres ont été publiées en 2005. De la pure poésie sur de superbes images à la violence toute esthétique, en noir et blanc, voilà un concept intéressant auquel une once de véracité historique amène encore plus d'intérêt...