Pourquoi est-on tous si hystériques après la victoire des Bleus ?

  • Louis
  • Société
  • 11/07/2018
© Jean-Francois Badias/AP/SIPA

Ça y est on y est ! L'équipe de France va jouer la finale de la Coupe du Monde de football dimanche à 17h, après avoir éliminé la Belgique hier soir au terme d'un match globalement maîtrisé. Paris s'est remplie de visages ravis, d'embrassades chaleureuses et de Marseillaise entonnées en chœur, alors que le drapeau tricolore flottait au vent un peu partout. Mais pourquoi tant de ferveur ?


Parce qu'on a qu'une seule étoile

Comme ma collègue Sarah le faisait justement remarquer, ce n'est pas la première fois qu'on atteint ce stade de la compétition. Ce fut déjà le cas en 1998, évidemment, avec l'issue heureuse que l'on connaît et cette victoire finale 3-0 face au Brésil, les "Zidane président" sur l'Arc de Triomphe et les mots éternels du regretté Thierry Roland : « L'équipe de France est championne du monde ! Vous le croyez ça ? [...] Je crois qu'après avoir vu ça, on peut mourir tranquille. [...] Ah c'est superbe, ah quel pied ! quel pied ! Ah putain ! ».

Mais ce fut aussi le cas en 2006, avec une issue beaucoup moins heureuse et une défaite aux tirs au but face à l'Italie précédée de l'expulsion de notre Zizou national pour son coup de tête vengeur sur Marco Materazzi. Là aussi, la déception fut à la hauteur de la ferveur populaire qui animait le pays entier pendant toute la durée de la compétition, et les mots d'un autre Thierry regretté – Gilardi – résonnent eux aussi encore à nos oreilles :

Voilà donc qui explique en partie l'immense joie qui nous habite tous aujourd'hui : une finale de Coupe du Monde, c'est un événement exceptionnel, et ce n'est que la troisième fois que la France a le privilège de s'y hisser. Y'a quand même de quoi avoir le sourire, non ??


Parce que le foot est le sport le plus populaire du monde

Eh oui, n'en déplaise aux intellectuels et aux rugbymen, le foot, c'est la vie. Tout le monde connaît Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, tout le monde sait que les Brésiliens jouent en jaune et tout le monde a déjà tapé dans un ballon. Au-delà des enjeux financiers colossaux que ce sport génère, rappelons qu'il s'agit à la base d'un jeu simple, auquel on peut jouer n'importe où et avec n'importe quoi. Pelé, légende vivante du football, jonglait avec une canette de soda dans les rues de sa favela étant gamin.

Les dérives actuelles et les roulades de Neymar ne doivent pas nous faire oublier les valeurs universelles portées par le football : solidarité, altruisme, abnégation, respect, tolérance sont les mots qui reviennent le plus souvent dans la bouche des joueurs et des éducateurs. Sur un terrain de foot, les origines ethniques ou sociales n'existent plus, on n'a pas d'ennemis mais des adversaires, et nos coéquipiers deviennent vite des amis. Le foot, c'est beau


Parce que ça réveille notre patriotisme

Bah oui on n'est engagé dans aucune guerre mondiale, donc il faut bien trouver un truc qui nous rende fiers de notre pays, à l'échelle internationale. Gagner une Coupe du Monde, c'est dire à la planète entière : « On est meilleurs que vous ! En fait, on est les meilleurs ! Vous êtes moins bons ! ». Vous voyez le truc ? C'est un sentiment typiquement humain que de se mettre en compétition avec les autres nations, et la France, nous Français, sommes très à cheval là-dessus. Ce n'est pas pour rien que tout le monde nous trouve arrogants, mais ce qu'ils n'ont pas compris, c'est qu'on est simplement les meilleurs. Qu'ils le reconnaissent une bonne fois pour toute, et on les laissera tranquilles. Si vous en doutez, écoutez un coup notre hymne national, ça vous mettra la rage au ventre du baume au cœur :


Parce que ça nous permet d'oublier tout le reste

La pauvreté, la précarité, les SDF, les migrants, le Rassemblement National, Pascal Praud, les gens qui parlent sans fin et vous coupent la parole, notre patron, le boulot, le mal de dos, les problèmes d'érection, les impôts, le féminisme, le patriarcat, le racisme, l'homophobie, Trump, la faim dans le monde, le réchauffement climatique, les collègues relous, les extra-terrestres, la religion... tout ça, on n'en a plus rien à foutre quand ON EST EN FINALE ! 

Et voilà..... 🤷‍♂ï¸Â (Photo > @martinrichard9945 / L’Équipe)

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Allez va faire un câlin à ton voisin maintenant.