L’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans le quotidien des Français, y compris lorsqu’il est question de santé. ChatGPT, Claude, Gemini ou encore Copilot sont désormais sollicités pour obtenir des réponses rapides, mieux comprendre un problème médical ou encore décrypter les informations données par un médecin. Et selon le baromètre “Data et IA en santé” de l’Association de l’Économie Numérique (Acsel), dévoilé ce mercredi matin par RMC, un Français sur deux a déjà utilisé l’IA dans ce contexte. Une pratique particulièrement répandue chez les jeunes, mais qui soulève aussi des inquiétudes chez les professionnels de santé.
Des réponses immédiates et un manque de rendez-vous ou de moyens
L’étude révèle que 82 % des moins de 35 ans utilisent l’intelligence artificielle pour des questions de santé. Un chiffre qui illustre particulièrement l’attrait des jeunes générations pour ces outils accessibles à tout moment, sans jugement. Pour beaucoup, l’IA permet avant tout de mieux comprendre les informations médicales reçues. 71 % des utilisateurs interrogés y ont recours pour mieux comprendre un diagnostic après une consultation avec un médecin. Résultats d’analyses, vocabulaire médical ou explications parfois difficiles à assimiler… Les chatbots deviennent une manière de prolonger la consultation et de trouver des réponses aux questions restées en suspens.
🚨EXCLU RMC. Santé : un Français sur deux demande conseil à l'IA "Il y a un vrai sujet de santé publique" David Lavaud, directeur du think tank de l'Acsel, était l'invité de RMC #LeMorningRMC https://t.co/114LepLGJx
— RMC (@RMCInfo) November 4, 2026
« Les Français ont besoin de mieux comprendre ce que leur médecin leur dit, ou mieux comprendre une prise de sang », explique David Lavaud, directeur du think tank de l’Acsel, interrogé par RMC. Mais l’utilisation de l’IA ne se limite pas à un besoin de clarification. Pour certains, elle devient aussi une solution face aux difficultés d’accès aux soins. 44 % des personnes interrogées déclarent utiliser ces outils faute de rendez-vous médical, tandis que 38 % évoquent un manque de moyens financiers pour consulter.
Une relation patient-médecin bouleversée
La rapidité des réponses, leur accessibilité et la simplicité d’utilisation expliquent en partie cet engouement. Les utilisateurs peuvent poser leurs questions à toute heure, reformuler leurs inquiétudes et obtenir des explications sans avoir à attendre. Une facilité qui répond à un véritable besoin, mais qui interroge aussi sur la place que ces outils prennent progressivement dans le parcours de soins, modifiant également la relation entre les patients et les médecins. Les patients arrivent parfois en consultation avec des informations déjà recueillies auprès d’un chatbot, cherchent à confirmer un diagnostic ou attendent des explications supplémentaires. Le rapport de confiance évolue, et le médecin n’est plus nécessairement le seul interlocuteur auquel les patients s’adressent pour comprendre leur santé.
🔴 INFO - #Société : Il y a neuf ans, le docteur Laurent Alexandre alertait déjà sur le bouleversement majeur que représenterait l’intelligence artificielle. Une prise de parole qui résonne particulièrement aujourd’hui, alors que l’IA transforme de nombreux secteurs de la société. https://t.co/HCU7dTBDat
— FranceNews24 (@FranceNews24) November 2, 2026
Mais les professionnels de santé ne sont pas en dehors de cette révolution numérique. Selon les chiffres détaillés par Le Parisien, neuf professionnels de santé sur dix, parmi les 300 interrogés dans le cadre de l’étude, utilisent eux aussi l’intelligence artificielle “au moins de temps en temps, voire quotidiennement”. Ces outils leur permettent notamment d’affiner un diagnostic, d’analyser des données cliniques ou de se libérer de certaines tâches administratives. Ce qui n’enlève en rien leurs inquiétudes. Si les professionnels reconnaissent les possibilités offertes par ces technologies, ils restent globalement préoccupés par leur accessibilité et par le risque d’une confiance excessive dans les réponses fournies. Car une confiance accordée sans vérification peut conduire à des interprétations trompeuses, voire à de mauvaises décisions.
