Les médecines alternatives ont la cote

  • Sarah
  • Société
  • 10/01/2019
© Justin Docanto

Adieu Doliprane, Stylnox et autres Rhinadvil ! Désormais ce sont les médecines alternatives qui nous soignent avec efficacité. Alors que les scandales des laboratoires pharmaceutiques se font de plus en plus nombreux, le réflexe du médicament traditionnel devient de moins en moins automatique. Preuve en est, 58% des Français ont eu recours aux médecines douces pour se soigner en 2017.


En ces lendemains de fête et avec l’arrivée du froid, nous sommes de plus en plus à tomber malades… et à délaisser le Doliprane. Comme Julie, enseignante, qui a pris la décision de ne plus consommer aucun médicament. Née dans une famille de docteurs et de pharmaciens, elle tombe gravement malade en 2008 d’une maladie de Crohn et essaie tout pour guérir de cette maladie orpheline : médicaments, protocoles, hospitalisations et perfusions. Rien ne fonctionne et les effets secondaires et indésirables se font vite ressentir. « J’étais si faible que j’ai décidé que je n’avais rien à perdre à m’opposer aux injonctions des médecins et sortir du circuit conventionnel pour traiter cette maladie. J’ai donc rencontré des gens qui clamaient avoir réussi à “guérir” leurs symptômes, lu des livres et pris des rendez-vous avec des naturopathes. J’étais sceptique et je pensais que j’allais le payer cher, comme le prédisaient les gastroentérologues qui me suivaient dans deux grands hôpitaux, mais au final les résultats ont été très rapides. J’ai donc cessé tout traitement et j’ai même arrêté de prendre les antalgiques pharmaceutiques pour les douleurs menstruelles afin de ne plus imposer de molécules chimiques et d’effets indésirables à mon corps dans son chemin vers la guérison du Crohn. »

Pour elle, les pharmacies, c’est terminé. Elle se tourne désormais vers des médecines naturelles et végétales, comme la naturopathie, reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé comme étant la 3e médecine traditionnelle aux côtés de la médecine chinoise et de la médecine ayurvédique. Une médecine qui se base sur l’affirmation que la nature est bien faite, puissante et autosuffisante, et qu’elle offre tout ce qu’il faut aux humains et aux animaux pour tenter de survivre sans avoir besoin de science artificielle, de molécules de synthèse, ou de produits chimiques.

Julie fait également appel à l’aromathérapie, à la phytothérapie, à l'acupuncture, à l'acupressure et sa méthode Naet, à la cohérence cardiaque et à l’ostéopathie. « J’utilise aussi des méthodes issues de la sophrologie, de la programmation neuro-linguistique, du yoga et de la méditation qui pourraient s’apparenter à des outils de médecines alternatives, pour soulager des douleurs, l’insomnie, les troubles de type crises d’angoisses et stress, ou encore la dépression. » En comprenant l’alimentation, première vraie médecine pour rester en bonne santé, pour elle la médecine naturelle est la médecine traditionnelle, « celle qui existe depuis la nuit des temps pour les humains et les animaux, alors que la médecine pharmaceutique est juste une médecine contemporaine artificielle ».

Pour les petits curieux désireux de découvrir ces médecines alternatives, tournez-vous vers les huiles essentielles de basilic, de camomille, de petit grain bigarade ou encore de sauge sclarée pour apaiser les douleurs menstruelles, l’argile verte pour soulager les douleurs intestinales, ou encore les massages pour les douleurs musculaires et les maux de tête. Pour booster son immunité pendant l’hiver et pour bien démarrer l’année, on fait une cure d’échinacée ou de nigari et, bien sûr, on n’attend pas de tomber malade pour s’y mettre. Enfin, on n’oublie pas les postures de yoga, la méditation, la cohérence cardiaque ou l’acupuncture qui sont des alliées redoutables contre la douleur.

Pour Véronique Carrette, sophrologue et auteure de Mes astuces et conseils de sophrologue, la sophrologie est, elle aussi, une alternative intéressante à la médecine pharmaceutique. Bien qu’elle ne s’y substitue pas, « elle permet à la personne qui la pratique d'être acteur de son bien-être. Avec une pratique régulière de ces exercices, la personne ressentira rapidement tous les bénéfices de cette méthode. » Elle aborde le cas de patients atteints de maladies neurologiques chroniques, qui n’arrivent pas à se passer de leur traitement, mais à qui elle apporte une grande aide. « Je travaille sur leur capacité à prendre du recul, à entendre précocement les signes de la fatigue pour pouvoir la juguler rapidement par exemple. Je leur donne des outils qu'ils réutiliseront chez eux dès lors qu'ils en auront besoin ou envie. » Car si la sophrologie s’appuie sur trois axes principaux qui sont la respiration, le relâchement musculaire et la visualisation mentale, le plus important reste la répétition. Une notion essentielle pour acquérir une meilleure connaissance de soi et donc pouvoir agir lorsque l'on ressent un élément négatif.

Si ces médecines alternatives connaissent un grand boom, permettent-elles de se passer totalement de la médecine allopathique ? « C'est une question épineuse, il n'existe malheureusement pas encore d'étude scientifique qui prouve l'efficacité de la sophrologie. », réagit Véronique Carrette. Du côté de l’ordre des médecins, les avis divergent mais nombreux sont les docteurs qui soutiennent l’accès à une médecine moins agressive. Comme le Dr Stene, dermatologue, pour qui « les médecines alternatives représentent dans certains cas un bon complément aux traitements classiques ». Enfin, pour Julie, c’est sûr, la médecine allopathique est loin d’être indispensable. « Pour moi, en me basant sur des rencontres et témoignages, les médecines naturelles et végétales peuvent vraiment remplacer les médicaments. » La nature reprendrait-elle ses droits ?