Journal d'une confinée : day 11

Non, ce n'est pas mon anniversaire, mais chaque jour je souffle une bougie par solidarité envers les personnes qui se battent pour venir à bout de l'épidémie. © Bridget Jones

Je m'appelle Zoé, j'ai 29 ans, je suis journaliste pour le Bonbon et si vous me lisez c'est qu'à priori vous vous ennuyez. Nous en sommes au 11e jour de confinement, et sincèrement je ne sais pas si je dois d'avantage m'inquiéter de l'engloutissement de la troisième part de banana cake de la journée, de mon état de fatigue avancée ou du fait que mon mec se soit barré.

J'aimerais bien connaître mon bilan d'heures hebdomadaires passées sur mon téléphone à regarder toutes les conneries que l'on m'envoie sur cette foutue épidémie. Mais sans savoir pourquoi, Siri refuse de me dévoiler les chiffres, j'imagine que ce robot est assez artificiellement intelligent pour comprendre qu'il vaut mieux m'épargner un peu de stress en ce moment.

Oui, mes nerfs sont fragiles et ma tête prête à exploser depuis que j'ai eu l'idée de cuisiner un banana cake en me basant sur la recette affreusement délicieuse d'une satanée bloggeuse. Tout a commencé dimanche dernier, je me laissais prendre au jeu d'une après-midi confinée placée sous le signe de la pâtisserie. Après avoir arpenté, durant une bonne éternité, un tas de sites food plus porn et sulfureux les uns que les autres, j'ai décidé de jeter mon dévolu sur "la recette de banana bread ultra moëlleux".

Depuis, ma vie est un enfer ; non seulement le resultat est absolument incroyable (la première bouchée m'a filé les larmes aux yeux) mais en plus la recette était pour 6 gourmands et cet enfoiré de banana cake se conserve parfaitement. En clair, cela fait 5 jours que j'assiste, impuissante, au déclin de mon seul et unique objectif du confinement : avoir un corps de rêve pour le printemps. Et comme si tout cela ne suffisait pas, mon tapis de gym/yoga n'est toujours pas là ; « la livraison a été repoussée » m'écrit-on dans un mail impersonnel et cruel. Le monde va donc vraiment s'arrêter de tourner ?!

Souvent persuadée d'assister à une pièce de théâtre foirée, je m'efforce de reprendre mon souffle et de me calmer. Je suis si fatiguée, fatiguée d'écouter tout le monde se plaindre à la télé et fatiguée de remarquer, petit à petit, toutes ces choses qui ont le don de m'agaçer ; comme cette manie qu'il a de pisser la porte ouverte et cette façon, qui ne le quitte pas, de rire la bouche grande ouverte. Quand je lui ai dit de partir, il a fait mine d'être soulagé (aaaah fierté quand tu nous tiens). Quoi qu'il en soit, depuis son départ, un questionnement ne fait qu'accroître mon anxiété : en confinement, vaut-il vraiment mieux être seule que mal accompagnée ? Je n'ai pas encore la réponse, mais peut-être qu'un p'tit bout de banana cake pourra m'inspirer...

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