Journal d’une confinée : day 10

Moi-même, tous les matins, quand ça recommence encore et encore et encore

Je m'appelle Sarah, j'ai 25 ans, je suis journaliste au Bonbon magazine, et si vous me lisez, c'est qu'a priori vous vous ennuyez. Si vous avez été assez assidus pour lire les journaux de bord de mes chers collègues et amis lors des journées précédentes, vous avez dû voir passer le mien la semaine dernière au milieu de ce flux constant d’informations. Si c’est le cas, rassurez-vous : je vais mieux.

9h23. Je me réveille avec la tête à l’envers. Qui suis-je ? Où vais-je ? Qu’ai-je fait hier soir ? Ah oui, un apéro, comme tous les soirs depuis que j’ai téléchargé House Party un jour de grand désespoir. Ce jour-là, il me restait au fond du frigo trois bières minuscules (et dégueulasses) qui y trainaient depuis plusieurs mois, je les avais bues avec tristesse en matant mes potes devenir pompettes grâce à toutes les provisions qu’ils avaient faites. Le lendemain, dès 9h du mat', j’étais dans la queue du Monoprix pour suivre leur exemple… Et depuis, vous vous en doutez, je m’éclate mais j’ai mal au crâne tous les putain de matins.

11h. Après avoir rédigé un petit article qui fait du bien au moral, je sors mon chien. Le confinement lui il s’en fout, je vois bien qu’il ne comprend pas très bien par quel miracle je me retrouve à passer mes journées avec lui, peut-être qu’il pense que j’ai perdu mon boulot et qu’il me juge, en tout cas il est ravi de squatter mes genoux les trois quarts du temps, et moi aussi.

11h15. Ma gueule de bois me fait penser qu’il faut que je me mette à mon article sur l’alcoolisme en période de confinement. J’interroge tous mes amis, ceux qui m’accompagnent dans mes apéros depuis quelques jours, et je me passionne tellement pour le sujet qu’il est déjà 16h sans que je m’en rende compte. Merde, mes journées sont si pleines que je ne vois pas le temps passer et déjà il faut manger, se laver et ressortir le chien. J’ai l’impression d’être dans ce film avec Tom Hanks ou peut-être Bill Murray, qu’est-ce que c’était déjà ?

17h. Je profite que mes pâtes cuisent pour faire mon cours de sport quotidien, et je ris tellement en écrivant ces lignes que mes abdos courbaturés me font un mal de chien. Moi dont l’activité physique préférée a toujours été de lever le coude, voilà que je fais du sport… En riant, je me rappelle du nom du film, c’est Un Jour sans fin et vous avez totalement le droit de me juger pour avoir confondu Bill Murray avec Tom Hanks. En attendant j’ai bien l’intention de profiter de ce confinement comme de vacances imposées, et si j’ai déjà téléchargé les Sims 4, je me force à ne pas l’ouvrir tout de suite par peur de ne plus jamais réussir à travailler sur mon ordinateur une fois cela fait. Putain, il a du bon ce confinement. Je vous laisse, mes pâtes sont cuites, je vais prendre ma première douche depuis au moins 3 jours, et j’ai un apéro qui m’attend.

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