Inceste : comment réagir lorsque cela survient dans l'entourage ?

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  • Publié le 8 Janvier 2021 à 16h05
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La sortie de La Familia grande de Camille Kouchner accusant le politologue Olivier Duhamel d'inceste sur son beau-fils remet sur le tapis un sujet longtemps enfoui dessous : l'inceste, mais également la réaction des personnes qui y font face. 


En 2020 pourtant, d'autres langues se sont déliées. La saison 2 du podcast de Louie Media Ou peut-être une nuit (en référence à la chanson "L'aigle noir" de Barbara, qui raconte l'histoire de son viol par son père lorsqu'elle était âgée de dix ans) était consacrée au silence qui pèse sur les victimes de violences sexuelles, celui qui entoure l’inceste. La même année, selon l'Institut National des Études Démographiques (Ined), 6,7 millions de Français.e.s affirmaient avoir été victimes d'inceste, et selon une enquête Virage, ces crimes sont perpétués à 96 % par des hommes. 


Derrière l'acte, le tabou

« Souviens-toi, maman : nous étions tes enfants. » : La Familia grande, paru ce jeudi 7 janvier aux éditions du Seuil, est le récit de Camille Kouchner, maître de conférence en droit privé et sciences criminelles et fille de Bernard Kouchner. Elle y raconte l'inceste dont a été victime son frère, "Victor", perpétré par son beau-père, Olivier Duhamel, de ses 13 à ses 15 ans. L'objet du livre concerne également le silence des proches des parents, qui étaient au courant de la situation. Au centre également, la position très hostile de leur mère, Evelyne Pisier, qui soutient son compagnon contre ses enfants : « Il n'y a pas eu de violence. Ton frère n'a jamais été forcé. Mon mari n'a rien fait. C'est ton frère qui m'a trompée. », selon les mots rapportés par Camille Kouchner. 

« Il faut d’abord croire l’enfant », insiste Cathy Milard, présidente de SOS inceste et violences sexuelles, interrogée par Le HuffPost. « Il faut écouter sa parole. Souvent, l’enfant parle vers 8 ou 10 ans. Si on ne l’écoute pas, ou qu’on minimise ses propos, il se taira pendant des années, et ne parlera à nouveau que vers ses 30 ans. » Des dires corroborés par le docteur Hélène Jacquemin Le Vern, gynécologue-sexologue interrogée au cours de l'émission Allo Docteurs : « La parole est extrêmement importante. Si on remarque quelque chose, il faut le dire. Grâce à la thérapie, une patiente qui avait connu un inceste durant sa jeunesse s'est libérée. En consultation avec son frère, lorsqu'elle en a parlé avec lui, elle lui a dit "non" symboliquement. Elle a ainsi pu dire "oui" à son couple et tourner la page. L'inceste est une problématique difficile et douloureuse dans les familles. »

L'aide du corps médical s'impose, pour assister les victimes. Il existe plusieurs associations qui prennent en charge les victimes d'inceste comme Face à l'IncesteSOS inceste et violences sexuelles ou encore Innocence en danger et trois numéros à contacter, le 119 (Allô enfance en danger, ouvert tous les jours à toute heure, anonyme et gratuit),  France Victimes au 116 006, gratuit et ouvert tous les jours et le numéro vert Enfance et partage 0 800 05 1234 (du lundi au vendredi, de 10h à 18h).

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