Quel bobo parisien es-tu ?

undefined 2 mars 2023 undefined 18h39

Sarah Leris


Le fêtard

Mercredi soir ? Apéro. Jeudi ? Apéro. Vendredi ? Apéro. Le fêtard bobo parisien n’a pas de limite, connaît le 18e comme sa poche, sait qu’il vaut mieux aller à la Mano en semaine, n’hésite pas à se terminer au Pigalle Country Club à 4h30, sait aussi que tu peux aller à l’Embuscade le samedi (enfin, le dimanche matin) à 8h, il connaît les physio du Rex, du Badaboum et les serveurs de tout Pigalle, du 11e et de Strasbourg-Saint-Denis. Et en général, le fêtard ne veut pas entendre parler de l’ouest parisien, sauf s’il y a une rave à Levallois.


Le foodie

Le foodie ne jure que par les cantines du Marais, ne rate pas une ouverture et se repère dans le 11e en fonction des néo-bistrots et des bars à manger et caves à vin nature. Le foodie pourrait traverser Paris pour un très bon phò, a un classement dans sa tête des meilleures pizzas de la capitale (Peppe, Constantia, Ave Romana, Dalmata), et il est prêt à attendre 1h15 pour le ramen de Kodawari. Il est très sympa quoi qu’un peu rabat-joie (évite de manger mal devant lui ou tu risquerais de te faire juger en silence très fort), et il se reconnaît à ses grands yeux qui s’ouvrent et qui pétillent dès que les mots « assiette à partager » sont prononcés.


L’intello

Question : où trouver un intello le vendredi aprèm ? À la Cinémathèque, bien sûr. Ou à la MEP. Ou à Pompidou. Ou à la Fondation Louis Vuitton. Le jeudi soir, tu peux le trouver dans une salle sombre au théâtre — Olivier Py est son maître à penser, Wajdi Mouawad tient superbement son rôle de programmateur du théâtre de la Colline bien que ses idées soient subversives, mais n’essayez pas de lui parler d’une comédie de boulevard de Bonne-Nouvelle, vous n'allez vraiment pas vous entendre.


Le fashion

Le fashion bobo parisien traine dans le Marais, normal, c’est ici que sont les concept stores où les écharpes en laine durable de mouton du désert du Turkménistan coûtent la peau du cul, mais où on peut également chiner une petite chemise à imprimés pour trois fois rien dans la friperie du coin. Le fashion est un cliché, il le sait, mais il ne peut s’empêcher de poster des photos hyper léchées sur les réseaux et de s’habiller en inspi Balenciaga... et il est persuadé que c'est un trait de sa personnalité.


Le rideur écolo

Le bobo parisien, le vrai, roule à vélo et aime à te rappeler qu'il est en meilleure forme que toi. Ses stories sont à 90% du temps consacrées à son fidèle destrier, il arrive partout à moitié en transpi été comme hiver, il longe le canal Saint Martin avec des poireaux qui dépassent de son sac à dos et il est absolument ravi de ne pas payer un bras son pass Navigo car il n'est pas un mouton, lui.


Le nouveau parent

Le bobo nouveau parent vit souvent dans le 19e, jure que Laumière est le meilleur quartier et fait ses promenades quotidiennes aux Buttes-Chaumont. Ancien fêtard mais aussi foodie sur les bords, il refuse d’admettre son coup de vieux et embarque la poussette du petit au brunch du dimanche, faut pas déconner, on va pas s’arrêter de vivre non plus (mais on se couche à 22h max).


Le sportif

À l’en croire et à le suivre sur les réseaux, il n’a qu’un hobby. Le sportif ne fréquente pas énormément les lieux culturels de la capitale, il n'a pas le temps car son dada à lui ce sont les salles de sport. Il est abonné à toutes les salles les plus stylées, poste des photos et vidéos au Cercle, chez Episod, chez Simone, Riise, Dynamo, Slowe Wellness House, Outboxe, Bodyhit, Neoness, Keep Cool et à peu près partout où il y a de quoi transpirer, il suit tous les cours, se lève 2h plus tôt pour s’entrainer avant le travail, sur sa pause déj et n’essaie même pas de caser un apéro avec lui, il ne sera pas dispo. Boxe, yoga, abdos-fessiers ou que sais-je, ses repas sont pensés selon les macros et gare à lui s’il craque pour un Kinder.