[ITW] Aloïse Sauvage, redoutable et irrésistible

© Zenzel

Elle crevait l’écran dans 120 battements par minute et dans Les Fauves aux côtés de Lily-Rose Depp, avant de sortir son premier EP, Jimy, en mars dernier. On la rencontre autour d’un jus de mandarine dans un resto japonais car Aloise Sauvage ne fait rien comme tout le monde. Avec son franc-parler, sa voix rauque singulière et son flow qui mêle pop, rap, électro et chanson française, la jeune femme à la touchante spontanéité chante, danse, joue, elle casse les codes et elle s’en fout. Celle qui ne prend pas le temps de respirer est, paradoxalement, une vraie bouffée d’air frais.


Tu viens de sortir ton premier EP composé de 5 titres inédits, comment ça s’est passé ? Tu travaillais dessus depuis longtemps ?

Tout s’est enchainé très rapidement. J’ai été choisie pour faire la création des Transmusicales en décembre dernier, et comme je n’avais pas de contenu, j’ai tout composé entre octobre et novembre, sous la pression des Trans. Les chansons ont donc été créées dans un laps de temps très réduit, et à la fin j’ai décidé d’en faire un EP.


Ça a commencé comment la musique pour toi ?

J’ai commencé à 7 ans avec la flute traversière, puis j’ai passé 10 ans dans un Conservatoire, en amateur en parallèle des cours. J’ai fait de la flûte, de la batterie et du saxophone. Je faisais surtout du jazz et du baroque, mais assez jeune j’écrivais déjà des slam, des poèmes, du rap, tu appelles ça comme tu veux, sans forcément composer.


Mais l’envie de monter sur scène est venue rapidement…

Oui, je suis d’abord passée par le cirque, la danse et le cinéma. C’est plus tardivement j’ai eu une envie, une nécessité de prendre le support écrit comme moyen de faire passer une histoire, une émotion, et en faire des chansons… Peut-être que je n’osais pas l’assumer avant. Mais aujourd’hui je vois pas ce qui pourrait m’empêcher de faire ce qui me plait, même si ce n’est pas forcément évident de sortir de l’intime, ça ne coûte rien d’essayer.


Tu dis vouloir que ta musique colle à ce que tu écoutes, tu penses à quoi ?

Vraiment beaucoup de choses ! Avant j’étais très hip hop, jazz et classique, et maintenant je m’intéresse à tout ce qui sort, du rap français et américain à la musique contemporaine en général. Je suis très curieuse. Attends, j’ouvre mon iTunes. Tu vois là, j’ai téléchargé l’EP de Sara Zinger, l’album de Koba LaD, de Lolo Zouaï, la réédition de Columbine, Pépite, Billie Eilish, Malik Djoudi, Sônge… C’est varié, ça me berce, ça m’inspire.


Tu te considères comme une rappeuse ?

Je ne me pose pas trop la question, je m’en fiche un peu à vrai dire. Chanteuse, rappeuse… La distinction va disparaitre au fur et à mesure. Aujourd’hui c’est très vaste, qu’est-ce que la chanson pop, qu’est-ce que le rap ? À un moment donné on même a créé une case « musique du monde », mais ça veut dire quoi ? Que dès que tu n’es pas blanc tu es rangé là-dedans ? C’est aux gens qui m’écoutent de me mettre dans les cases qu’ils veulent s’ils en ont envie. Que tu dises que je suis une rappeuse me flatte et me fait plaisir, mais si ça ne plait pas à d’autres, franchement je m’en fous.


C’est pour quand l’album ?

Je suis en train de travailler dessus, c’est prévu pour l’année prochaine !


Tu as joué en avril dans le bel auditorium du Printemps de Bourges. C’était comment ?

Assez stressant car l’année dernière j’étais aux Inouïs, je rêvais d’être programmée au Printemps et ça s’est fait un an après, donc j’étais trop contente. J’étais très heureuse de partager la scène avec Arnaud Rebotini car ça combinait mon parcours musical et mon parcours au cinéma avec 120 battements par minute, comme des retrouvailles.


Le cinéma, c’est ton autre activité principale en parallèle de la musique. Tu as des actu à venir de ce côté ?

Il y a deux films dans lesquels j’ai joué qui vont sortir à l’automne. Le premier s’appelle Hors Norme, d’Eric Toledano et Olivier Nakache, avec Vincent Cassel et Reda Kateb. Le second, plus du cinéma d’auteur, s’appelle Voir le Jour de Stanley Woodward, avec Pascal Rénéric qui tient le rôle principal. J’ai aussi un court-métrage qui vient de sortir, La Route du Sel de Matthieu Vigneau, il est top.


Pas mal de choses donc ! Comment tu réussis à concilier les deux ?

Je jongle ! Il y a toujours des choses qui ne peuvent pas se faire, mais à part un film que j’ai du refuser, les choses se sont bien goupillées. Là par exemple je fais des concerts et après je pars en tournage en Israël pour une série pour Canal +. C’est épuisant et je n’ai pas beaucoup de vacances mais je suis une acharnée du travail, je suis passionnée.


Tu peux me parler de cette nouvelle série pour Canal + que tu prépares ?

Elle s’appelle Possessions, elle est réalisée par Thomas Vincent et on va tourner les six premiers épisodes à Tel-Aviv. Je vais jouer avec Reda Kated, Nadia Tereszkiewicz et Judith Chemla, plein de gens chouettes ! C’est l’histoire d’une nana qui retourne en Israël pour rejoindre sa famille, elle se marie, et son mari meurt le jour de son mariage. La série montre tout le périple qui se fait pour comprendre qui l’a tué et ce qu’il s’est passé. C’est entre la réalité et la fiction, les croyances et les mythes, la vérité et la superstition.


Quand tu es à Paris, tu sors où ?

Je suis tellement souvent en vadrouille que j’aime être chez moi à Montreuil, ou aller voir mes potes chez eux. Ma passion c’est d’aller au bubble tea près de chez moi, j’ai un mode de vie très sain, je suis très « tisane party ».


Et tes restos préférés dans la capitale ?

Umami Matcha Cafe, rue Béranger (3e). Je voue une passion aux ramen et à la nourriture japonaise en général, donc j’adore tous les restos asiatiques comme Abri Soba (9e). Enfin je suis fan de Chez Momo (2e), c’est un petit taiwanais, un boui-boui trop bon qui fait des bubble tea et des poissons vapeur à tomber.


Jimy
/ Initial Artist Services

En concert à l’Elysée Montmartre le 12/11

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