[ITW] On a rencontré le plus sympa des voyous

© Naïs Bessaih

Derrière le mystère Voyou se cache Thibaud, grand gaillard, visage affable et hauteur bienveillante. Avec un sourire enfantin, il porte sur le monde un regard juste et malicieux, du genre que l’on découvre en marchant sous la pluie au saut du lit. Son premier album, Les Bruits de la Ville, est sorti le 15 février et il enchante nos oreilles, c’est doux et sucré à la fois, comme une pastille à la menthe qui fond dans la bouche.

Tu viens d’où Voyou ?

Je suis né à Lille, j’ai ensuite vécu à Nantes et désormais à Paris depuis un an.

On va retourner les questions habituelles, t’es chaud ? Alors, qu’est ce qui ne t’a pas influencé ?

La musique EDM, la techno hongroise des 90’s, le film Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu.

C’est quoi ta chanson pas préférée dans l’album ?

C’est toutes mes bébés, j’ai ma petite tendresse pour chacune d’elle ! Mais je dirais le morceau Lille, il me rappelle trop de souvenirs tristes.

T’écoutes pas quoi comme musique ?

Despacito et les Hit Summer. Mais je n’ai jamais d’animosité contre la musique des autres… Même si je trouve ça hyper mauvais.

On va parler de ton album si tu veux bien, tu as passé combien de temps dessus ?

Tout est allé vite, j’ai vécu beaucoup de choses en deux ans et cet album est un condensé de ces deux dernières années. Pourtant tous les morceaux ont été écrits à des moments différents.

C’est drôle car ça se ressent, chaque morceau évoque une émotion particulière et bien différente, comme un accordéon de sentiments…

C’est le but ! Je passe énormément de temps sur les arrangements pour faire passer les émotions que peuvent ressentir les personnages que je décris et dépeindre le décor de mon histoire. Les morceaux ne se ressemblent pas les uns des autres car ils font tous appel à une émotion différente. Ça ferait pas trop sens pour moi d’avoir un truc hyper uniforme dans la masse sonore.

On retrouve beaucoup le registre du rêve dans l’album. T’es un grand enfant qui a peur du temps qui passe ?

Non, le temps pour moi ne passe pas à la même vitesse que pour les autres car je fais un truc qui, justement, ne me renvoie pas au visage le temps qui passe. Ma plus grosse appréhension n’est pas de vieillir mais de ne plus rien avoir à raconter, comme beaucoup de personnes qui prennent de l’âge et qui restent bloquées à l’époque dans laquelle ils ont grandi. Ça m’arrivera peut-être un jour.

Il contient pas mal de morceaux tristes, pourtant ton album, pris dans son ensemble, est assez joyeux.

L’état d’esprit commun c’est planqué, pas trop violent et jamais cynique. Je ne raconte pas une histoire qui se passe mal sans jamais donner les clés derrière pour que ça aille mieux. De toute façon il y a plein de tristesse qui nous entoure, mais on peut l’accepter et considérer que les choses tristes nous font évoluer vers quelque chose qui nous permet d’aller mieux ! Je n’ai pas de problème de tristesse dans ma vie en général.

Justement tu as toujours l’air heureux, c’est le cas ?

Ouais, j’ai la chance de ne pas avoir de problème d’angoisse, de stress, ni de me poser de question sur ce qu’il s’est passé ou ce qui va m’arriver. Toujours zen.

Elles ne parlent que de toi tes chansons ?

Non, ma parole unique n’est pas assez intéressante pour être suffisante. Le morceau La Serre, par exemple, parle de la violence de notre époque. On est dans la merde pour le climat et je fais ma part du job pour sauver la planète, mais peut-être qu’il faut accepter qu’on ne contrôle pas tout et que le temps manque, non ? Mais bref, ne parlons pas de politique.

Alors on change de sujet. Raconte moi ta vie, t’as commencé comment la musique ?

Mon père est musicien et j’ai commencé à jouer de la trompette avec lui quand j’étais petit. A cinq ans je suis rentré au Conservatoire, et j’en suis parti plus tard faute de manque d’espace de création plutôt que d’interprétation. J’ai ensuite commencé mes premiers groupes de rock vers 14 ans à Nantes. Puis en sortant du lycée j’ai joué avec Rhum for Pauline, Elephanz et Pegase, et j’ai fait dix ans de tournée avec ces groupes avant de lancer Voyou en solo. C’était pas facile mais j’étais heureux parce que je faisais un truc qui me plaisait et c’était plus important que de gagner de l’argent.

Tu chantes cette chanson qui s’appelle Les 3 loubards, qui raconte une agression. Tu t’es vraiment fait castagner comme ça ?

Ca m’est arrivé plusieurs fois ouais, je me suis fait racketter quand j’habitais dans la banlieue lilloise quand j’étais jeune. Mais le contexte des 3 loubards, avec trois mecs qui viennent vers moi et me tapent la discute avant de me taper tout court, ça m’est arrivé à Nantes il y a environ trois ans.

C’est quoi la question que tu aimerais que je te pose ?

Le dernier concert que j’ai vraiment kiffé, et là-dessus je te réponds MOU au Pop Up du Label. Et je dis pas ça parce que c’est un pote, c’est sincère, j’ai adoré.

Tes adresses préférées à Paris ?

Pour dîner, Jones à Voltaire. On y trouve plein de petits plats à partager, c’est tellement bon que ça te tue à chaque fois que tu prends une bouchée. Les saveurs sont folles, les textures sont folles, les couleurs sont folles, et les vins naturels sont incroyables.

Pour boire des coups, j’aime beaucoup le Motel et le Chair de Poule et pour des concerts, j’adore la Maroquinerie. Sinon j’adore mon appart, je m’y sens hyper bien. C’est important de le dire, non ?

Les Bruits de la Ville / Entreprise / A+LSO
En concert le 10 avril à la Cigale et le 20 avril au Printemps de Bourges

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