Entretien avec Ayo: « Depuis que Trump est au pouvoir, certaines personnes pensent pouvoir être racistes »

  • Olivia
  • Pop Culture
  • Publié le 29 Août 2017 à 16h09
© Flavien Prioreau

Depuis Down On My Knees il y a onze ans, Ayo a bien évolué. Aujourd’hui, la chanteuse devenue femme et mère n’a rien perdu de sa verve musicale. Son nouvel album, qu’elle a quasiment enregistré seule dans sa chambre, est un mélange de couleurs, allant du folk au hip-hop en passant par le reggae. De passage à Paris, cette amoureuse de la capitale – « Mon cœur est à Paname », chante-t-elle dans un de ses derniers titres – s’est confiée au Bonbon.


Parle-nous de ce nouvel album

Ce disque est plutôt personnel. Personnel parce que je l’ai enregistré dans ma chambre, sur mon portable. A ce moment-là, je n’avais pas de maison de disques, j’avais quitté Universal avec qui j’étais depuis 10 ans, puis j’ai signé avec Believe. C’était la première fois de ma vie que je prenais le temps. Parfois j’enregistrais jusqu’à 6h du matin, je faisais la programmation du beat, j’enregistrais les basses, le piano. J’ai fait la production, l’arrangement, l’écriture des mots et de la musique de presque toutes les chansons.

Ton premier single est assez sensuel, est-ce qu’il donne le ton du disque ?

Non pas vraiment, mon album a plusieurs couleurs. Il y a des chansons très rythmiques, il y a pas mal de reggae, de hip-hop, de soul, du folk aussi…

Cela fait 11 ans depuis Down On My Knees, comment as-tu évolué ?

A l’époque de Down On My Knees, j’avais 19 ans, j’étais trop fière pour dire que j’étais blessée. J’ai évolué parce que je suis maintenant une femme, une maman. Bien sûr il y a des hauts et des bas, mais la vie est comme ça. Aujourd’hui, j’accepte les choses comme elles sont. Je fais beaucoup plus confiance à la vie. Je suis très croyante, mais ça n’a rien à voir avec la religion. Je crois qu’il y a une raison pour tout, rien n’arrive par hasard.

Place aux questions bonbon… Quel film as-tu vu 1 000 fois ?

Forrest Gump. Quand je regarde ce film, je pleure.

Qui était ton fantasme, ado ?

J’adorais Denzel Washington… Encore maintenant, sauf qu’il pourrait être mon père ! Il a vraiment la classe.

La dernière fois que tu t’es googlée ?

C’était à New York et c’était pour montrer à quelqu’un qu’aux Etats-Unis quand je tape AYO, ce qui apparaît c’est le titre de Chris Brown et Tyga avec la chanson Ayo comme l’expression américaine « Hey yo, whats’up » et après quand on clique sur l’onglet images c’est moi. (rires)

Le rêve le plus fou que tu aies fait ?

Quand j’étais enceinte, je rêvais beaucoup de grenouilles. Je ne comprenais pas pourquoi, jusqu’au jour où j’ai lu que pour les Indiens d’Amérique, lorsqu’une femme enceinte rêve de grenouilles, cela veut dire que la grossesse s’apparente à la réincarnation et à la chance. C’était vraiment bizarre, je rêvais que j’étais chez moi par exemple et qu’il y avait une grenouille sur le rebord de ma fenêtre, et plusieurs nuits d’affilée en plus !

Pourrais-tu vivre sans téléphone ?

Non. Je voudrais bien dire oui, mais je sais que c’est impossible.

Tu as quitté Paris il y a trois ans pour vivre à New York. As-tu l’impression que les Etats-Unis ont changé depuis l’élection de Trump ?

Absolument. Sur mon disque il y a une chanson qui s’appelle Paname. Je l’ai écrite à une époque où Paris me manquait beaucoup, je n’avais pas le droit de voyager. J’étais bloquée aux Etats-Unis en attendant la green card. J’étais en dépression totale, j’ai annulé plein de concerts. Si je partais je ne pouvais pas revenir, alors que j’étais enceinte et que j’avais mes enfants à l’école. Ça c’était Trump. Depuis qu’il est au pouvoir, certaines personnes pensent pouvoir être racistes. On sent un grand changement. Il y a beaucoup de haine contre le président, plein de manifestations partout, et tous les matins on se réveille avec une nouvelle frasque du président aux infos. Il est beaucoup dans la provocation.

ayo©Flavien Prioreau 
Ce qui te manque le plus à Paris ?

Il y a plein de choses… Mes restaurants préférés qui n’existent pas à New York. La pâtisserie japonaise Toraya dans le 1er, en hiver ils servent un chocolat chaud avec du matcha incroyable ! Et aussi ma boulangerie préférée, Du pain et des idées, où j’achetais tout le temps le pain au miel.

Si tu étais un bonbon ?

Je serais un carambar ! (rires) Parce que j’adore les carambars ! Ils sont flexibles, et moi je suis très flexible !


Nouveau single I’m A Fool,
Sortie du nouvel album début octobre 2017
En concert du 24 au 28 octobre au Théâtre des Bouffes du Nord

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