Art 42, le premier musée de street-art à Paris

  • Olivia
  • Pop Culture
  • Publié le 22 Juillet 2016 à 00h00

« Un anti-musée dans une anti-école », c’est le projet hors-norme qu’a réalisé Nicolas Laugero Lasserre, commissaire d’exposition spécialiste de l’art urbain, avec Art 42. Pour la première fois en France, une collection impressionnante d’œuvres de street-art va être exposée de façon permanente dans un lieu pas comme les autres, 42, l’école d’informatique fondée par Xavier Niel. Tour d’horizon d’une belle initiative artistique.


Autrefois circonscrit au seul cadre de la rue, le street-art est aujourd’hui considéré comme un art à part entière, présent dans diverses manifestations culturelles, mais toujours éphémères. Pour la première fois, il trouve un écho permanent au sein de l’ovni 42, une école ouverte 24h sur 24, 7j/7, sans professeurs et avec un règlement aux antithèses de l’académisme français.

Dans cette école d’informatique qui bouscule les codes s’est installé un projet tout aussi novateur. Art 42, c’est une association entre Xavier Niel, fondateur de Free notamment, et Nicolas Laugero Lasserre, passionné de street-art, pour présenter une série d’œuvres qu’il collectionne depuis plus de 10 ans. « De voir l’esprit, l’insolence, le côté militant de nos artistes - OBEY {auteur du fameux poster HOPE représentant Barack Obama durant la campagne présidentielle de 2008 (NDLR)}, Banksy, Invader qui envahit tout Paris avec ses mosaïques -, l’impertinence de tout ces artistes m’a beaucoup séduit, ça m’offrait un regard sur le monde différent, c’est ça qui m’a poussé à me spécialiser là-dedans », nous raconte Nicolas, directeur de l’espace Pierre Cardin jusqu’en 2015.

Au sein de 42, il expose une collection constituée au fil de ses coups de cœur et de ses rencontres. Ce sont plus de 150 œuvres de 50 artistes, dont de nombreuses œuvres murales et installations in situ qui ont envahi cet espace de 4000 m2. Les œuvres se déploient sur trois étages, pour trouver leur place jusque dans les escaliers, au milieu des 3000 étudiants.

Des artistes les plus reconnus tels que JR et Shepard Fairey (OBEY) côtoient des artistes émergents comme Bault ou Madame. On retrouve aussi bien du Jérôme Mesnager, considéré comme l’un des premiers peintres de street-art et auteur de « l’Homme en blanc », visible dans le monde entier que des artistes plus récents comme le collectif Monkey Bird, dont les créations bestiales investissent la rue pour interroger le passant sur la relation qu’entretiennent l’animal et l’urbain.

© Bault

Ce travail à la base de rue, sauvage, militant, avec une démarche presque vandale est également un travail d’atelier, nous explique Nicolas. Et n’est pas forcément toujours porteur d’une revendication. « Roa , par exemple, c’est un militant, un vagabond, mais son art n’est pas militant, il a fait 1500 fresques animalières dans le monde. Même s’il n’y a pas un message précis dans l’art, je suis admiratif de sa démarche, il n’est pas rentré dans le système, il vend deux trois œuvres, puis repart voyager, c’est ça que j’admire, c’est ce trip de vie ».  

Il y a une quinzaine d’années, il n'existait que deux ou trois galeries de street-art, aujourd’hui il y en environ 60. « C’est excitant car nous sommes le pays leader en street-art dans le monde », raconte Nicolas. « Nous sommes un pays assez libertaire, ce qui explique notamment pourquoi ce mouvement a beaucoup pris ». L’engouement populaire pour ce grand mouvement artistique est bien réel et est à l'image de certaines œuvres démesurées. On pense à JR qui a investit le Panthéon, la BNF, le MK2, le Palais de Tokyo ou encore aux projets tels que la Tour Paris 13. 

A partir du 1er octobre, les amoureux d'art urbain ou simple curieux pourront venir visiter ce musée gratuitement chaque mardis et samedis. Accueillis par des étudiants formés, ce sera l'occasion de découvrir les installations urbaines, l’histoire de ces artistes et de ces œuvres. Le phénomène street-art ne fait que commencer ! 


Art 42
96, boulevard Bessières – 17e  
Ouverture au public pour la Nuit Blanche à partir du samedi 1er octobre 2016
Puis tous les mardis en nocturne de 19h à 21h et tous les samedis de 11h à 15h.

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