Qui se cache derrière l’hommage aux 501 sans-abris morts en 2016 ?

© Le collectif Les morts de la rue

C’est un événement loin d’être ordinaire qui s’est tenu mardi 21 mars place du Palais-Royal. Pour rendre hommage aux sans-abris décédés durant 2016 et en ce début d’année, Le collectif Les morts de la rue y avait installé un cimetière éphémère. Une façon de nous rappeler une réalité toujours aussi présente dans nos villes. 


Des tapis verts ressemblant à de petites pelouses, des fleurs et des papiers avec l’identité de chaque défunt... C'est un cimetière verdoyant qui ornait la place du Palais Royal mardi. Cette initiative était l’œuvre du collectif Les morts de la rue, un organisme dédié à la mémoire des personnes sans domicile fixe décédées.  

« Nous voulons faire savoir que vivre à la rue fait mourir prématurément, et une des manières pour faire cela est de rendre hommage », nous explique Cécile Rocca, coordinatrice du collectif.

Une fois par an, un hommage est rendu dans des lieux et à des dates différentes. Et cette année, la date du 21 mars a été choisie en corrélation avec l’arrivée du printemps, preuve que cet évènement n'est pas synonyme de fatalisme. 

De 12h30 à 18h, les noms étaient régulièrement lus. « Ces gens ont des noms, l'idée est de poser un acte avec ce cimetière éphémère », poursuit Cécile 

En 2016 et depuis le début de l'année 2017, 501 décès en France de SDF ont été signalés au collectif Les Morts de la rue, mais il y a de fortes chances qu'ils soient bien plus nombreux. « On évalue le nombre total comme étant 5 à 6 fois supérieur à celui que nous avons appris », explique Cécile.    

Les personnes décédées avait 49 ans en moyenne (soit trente ans plus tôt que la moyenne des Français) et parmi celles-ci, 46 étaient des femmes soit 9 % des décès, nous indique le journal La Croix

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La très grande majorité avaient des liens avec leur entourage, qu'il s'agisse de voisins, d'amis, de maraudes ou de la famille tout simplement. 

« Les personnes qui sont en situation de rue sont parfois en rupture familiale, mais pas toujours. Il y a notamment des jeunes personnes sans domicile où les parents essayent par tous les moyens de garder des liens avec des jeunes qui vont plus ou moins bien. Mais que les personnes aient un lien ou non, les premiers actes des commissariats et des hôpitaux sont de rechercher les familles », nous dit Cécile. 

La plupart du temps, le collectif est informé du décès. Les sources sont très différentes, il peut s'agir de riverains, de familles, d'un commissariat ou encore d'un hôpital. Par ailleurs, le collectif agit pour la recherche, la réflexion et la dénonciation des causes souvent violentes des morts de la rue et œuvrent pour des funérailles dignes de la personne humaine.