Le micro-bénévolat : la solution pour toutes les bonnes âmes pressées

© Entourage / Quentin Huriez

Qui n’a jamais voulu aider son prochain, transmettre un savoir ou aider les plus démunis, bref, être bénévole dans une association, mais sans avoir la possibilité de s’engager sur la durée ? Pas évident, avec un emploi du temps de jeune actif citadin que de libérer une plage horaire régulière pour donner de son temps. Et si l’on aimerait pouvoir le faire chaque semaine, en pratique, c’est beaucoup plus compliqué.

Sur Internet, on voit naître des plateformes mettant en relation citoyens et associations qui nous permettent d’être bénévoles le temps d’une journée, d’une après-midi, sans obligation de temps. Une nouvelle forme de bénévolat voit ainsi le jour. Son nom ? Le micro-bénévolat.

Pour répondre au problème du manque de bénévoles, on a vu naître des plateformes telles que « La Fourmilière », « Ma Ville je t’aime », « Hacktiv » ou « Benenova », qui mettent en relation des personnes souhaitant être bénévole avec des associations qui peuvent leur proposer des missions courtes et ponctuelles. Créant ainsi le bénévolat « à la demande ». Pour une heure, une après-midi, une journée. Et si, au lieu de faire les boutiques rue des Martyrs en ce samedi après-midi, je participais plutôt à un plogging, le jogging pour ramasser les déchets sur le bord de route ?

Du bénévolat super accessible 

Rendre accessible le bénévolat, c’est permettre à tout un chacun de participer à son niveau, de se sentir utile, de transmettre un savoir ou d’aider les plus démunis. Mais également à venir en aide aux associations qui peinent de plus en plus à recruter des bénévoles. Si le Secours Populaire a réduit ses jours d’ouverture et des centres des Resto du Cœur sont fermés pendant le mois d’août, l’impact du manque de bénévoles réguliers se fait encore plus ressentir dans les structures locales, plus petites. Pour certaines, c’est leur existence même qui est menacée, tandis que les bénéficiaires, eux, sont toujours plus nombreux. Heureusement pour nous, le bénévolat a trouvé la parade, il se réinvente, se transforme en micro-bénévolat et s’adapte à notre mode de vie !

Disponible à tout moment en ligne

Le micro-bénévolat permet de donner de son temps, aussi peu que 15 minutes. En plus d’être pratique et de fédérer un grand nombre de citoyens, il permet de diviser les tâches à effectuer pour que chacun puisse mettre la main à la pâte. Un aspect indispensable pour Marion, 25 ans, bénévole depuis quatre ans. « Je faisais partie d’une association d’aide aux sans-abris qui organisait deux à trois maraudes hebdomadaires dans le secteur de République. Tous les mardis, vendredis et dimanches, nous allions récupérer les invendus d’un restaurant avec lequel nous avions un partenariat à l’heure de sa fermeture, puis nous allions distribuer tous les paniers repas dans les rues du 3e, du 10e et du 11e. » Au fil du temps, les maraudes se sont raréfiées. « On manquait de monde et il faut être plusieurs pour marauder. Pour un peu qu’il pleuve, qu’il fasse froid ou qu’un bénévole ait eu une longue journée… À la fin, on s’est retrouvés si peu nombreux qu’on devait presque systématiquement annuler les maraudes. Jusqu’à devoir décider de la fermeture définitive de l’association. »

Sans association, Marion s’est tournée vers une plateforme de micro-bénévolat. « C’est une formule complètement différente parce que je ne me fixe pas de rendez-vous type, comme je le faisais avant. Mais ça fonctionne tout aussi bien et pour moi c’était le seul moyen de continuer à aider les autres en ayant un job étudiant en même temps. » Pour faire du micro-bénévolat, rien de plus simple, on s’inscrit sur une des plateformes et on s’engage du jour au lendemain sur une mission de son choix, sans engagement sur la durée. « Aujourd’hui les gens sont habitués à l’instantané, on préfère agir spontanément que de devoir prévoir longtemps à l’avance. », continue Marion. Bref, du bénévolat à la carte, où on veut, quand on veut.

Rendre le bénévolat « sympa, spontané et facile »... 

...comme on irait boire un verre entre amis, c’est le crédo de La Fourmilière. La plateforme, qui compte déjà plus de 5 400 heures de micro-bénévolat réalisées, s’est lancée sur Facebook en 2016. Au départ un simple groupe d’amis voulant se réunir pour faire du bénévolat le week-end, leur page de rendez-vous atteint désormais 1400 membres actifs. Pour se mettre au micro-bénévolat, rien de plus simple, rendez-vous sur l’une des plateformes. Il suffit de se créer un compte puis de surveiller le calendrier des missions de bénévolat proposées par la communauté autour de chez nous. Quand l’une d’elles nous convient, on s’y inscrit, et on la réalise. Rien de plus simple.

Une manière de s'investir sans engagement

Un inconvénient néanmoins est à relever pour les structures associatives. Le manque de bénévoles réguliers dans des secteurs comme l’aide à la personne peut poser problème vis-à-vis des bénéficiaires. Comme l’explique Martin, lui aussi habitué des maraudes. « Dans ce cas particulier de bénévolat, on croise régulièrement les mêmes sans-abris. C’est comme un rendez-vous pour eux, ils savent qu’on sera tel jour à tel endroit, et nous attendent. On tisse des liens avec eux, on leur demande des nouvelles, et si ce ne sont pas les mêmes personnes qui se pointent, ils peuvent être vraiment déçus. C’est un gros problème dans le cas où on a affaire à des personnes humaines, fragiles, qui ont une vie difficile et que ça peut vraiment toucher. » Mais les opportunités de faire du bien autour de soi restent nombreuses grâce au micro-bénévolat. Distribution de vêtements ou de repas, cours particuliers, accompagnement de personnes en situation de précarité, aide au tri des dons, plogging, enseignement du numérique à une personne âgée, sauvetage de fruits et légumes sur les marchés… Une belle manière de s’investir sans engagement.

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