Tout Parisien, même d’adoption, connaît cette institution : la librairie Gibert, située boulevard Saint-Germain dans le 6e. Livres neufs ou d’occasion, de littérature contemporaine, de science-fiction, thrillers, en anglais ou même en espagnol… C’est bien simple : impossible d’en ressortir les mains vides, que l’on soit un amoureux des livres ou non.
Oui, mais derrière les étagères remplies de livres se dévoile une situation bien plus périlleuse. Lundi 27 avril 2026, le groupe Gibert, premier libraire indépendant de France, a déclaré qu’il allait demander son placement en redressement judiciaire. La raison ? D’importantes difficultés économiques.
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Une situation financière impactée par le déclin du marché du livre et la hausse des charges
Au total, Gibert Joseph est un réseau de 16 magasins répartis dans 12 villes françaises. Mais depuis plusieurs années, les difficultés se suivent et s’enchaînent au point de devoir fermer plusieurs boutiques dans le quartier de Saint-Michel en 2021. Si celles-ci sont liées au « déclin du marché des livres neufs » — une chute de 2,5 % des ventes en un an —, elles s’expliquent aussi par « l’explosion des coûts fixes ».
Vers un changement de modèle ?
Le groupe va tout de même tenter d’abattre une dernière carte : celle d’ajuster son offre. Gibert souhaite prendre « un virage stratégique autour du livre d’occasion, marché porteur qui connaît 10 % de croissance par an, offrant une meilleure maîtrise de la chaîne de valeur et des marges », précise le groupe dans un communiqué. À l’heure actuelle, 35 % de son chiffre d’affaires est associé au livre d’occasion. Ce placement en redressement judiciaire permettrait au groupe d’obtenir le gel des dettes ainsi que la garantie des salaires, afin de pouvoir opérer la transformation de « son modèle dans le cadre juridique le plus protecteur pour l’activité ».
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