Pour la Saint-Valentin, les FEMEN s'enchaînent au pont des Arts

Douze militantes FEMEN se sont enchaînées au pont des Arts ce vendredi 14 février © Capucine Henry

Ce vendredi 14 février, jour de Saint-Valentin, douze activistes issues du mouvement FEMEN ont entrepris une action choc à Paris contre les violences faites aux femmes. 

Si d'ordinaire, le spectacle qui se tient sur le pont des amoureux consiste en une myriade de couples de touristes accrochant un cadenas ou se photographiant enlacés, la scène était tout autre le matin de ce vendredi 14 février. "Je ne t'aime pas à en mourir", "On ne tue jamais par amour", "Pour le meilleur, pas pour le pire", autant de phrases choc peintes sur les torses nus des activistes FEMEN venues dénoncer "l’amour patriarcal". 


Une action choc pour dénoncer les violences faites aux femmes 

Armé de ballons noirs, de fumigènes et de roses sombres, le groupuscule a déclaré mener cette action symbolique pour rappeler que « chaque femme est une potentielle victime de violence misogyne. Et plus particulièrement aujourd’hui : il existe une recrudescence des violences conjugales lors de cette "fête de l’amour" ». Les douze activistes se sont enchaînées et cadenassées au pont des Arts, connu comme le pont des amoureux. 

En 2019, 151 femmes sont décédées des suites de violences conjugales et onze femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le mois de janvier 2020. « C’est sans compter celles qui se donnent la mort par suicide forcé, celles qui sont sous anti-dépresseurs, celles qui sont isolées de leur famille et de leurs amis, celles qui pensent qu’il “va changer”... », a déclaré le collectif FEMEN sur son compte Facebook. 

Le collectif appelle à s'engager contre les violences conjugales et les fémicides, et adresse un message politique au gouvernement : « On veut qu'il y ait une véritable ligne budgétaire débloquée contre les violences conjugales, on veut que le fléau des féminicides s'arrête », a déclaré l'une des militantes à nos confrères de Brut. Enchaînées aux structures du pont des Arts, elles attendent d'être délogées par la police ; « comme lorsque la police intervient pour venir en aide aux femmes victimes de violences, on attend qu'ils viennent nous délivrer, nous désenchaîner », poursuit la manifestante.

« Cette année, épargnez-nous les roses, les chocolats à l’alcool de cerise et les "je t’aime" candides », intime le collectif qui en est à sa sixième action depuis le début de l'année. Au cours des deux derniers mois, les FEMEN ont organisé une contre-manifestation pour exprimer leur soutien au droit à la PMA pour Toutes et ont également affiché leur support à la jeune Mila, harcelée après avoir exprimé des critiques envers l'islam. 

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