Covid-19 : on va pouvoir s’autotester dès lundi prochain en France

  • Cindy V
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  • Publié le 6 Avril 2021 à 12h02
Homme manifestement étonné après avoir vu le résultat de son autotest. © Pascal Skwara

La Haute Autorité de Santé (HAS) a donné son feu vert pour que tout le monde puisse s’autotester chez soi. L’autotest, fonctionnant par prélèvement nasal, sera disponible dès lundi en pharmacie.

Se faire tester à la Covid-19 n’est pas si facile : il faut parfois s’inscrire, sortir aux bonnes heures durant notre temps de travail et faire la queue près d'une heure dans certains endroits. Mais une solution pointe enfin le bout de son nez : l’autotest sera disponible à partir de lundi 12 avril, en pharmacie dans toute la France. Comme les tests PCR et antigéniques actuels, l’autotest sera pris en charge à 100% par la sécurité sociale. Si le test n’est pas remboursé, il coûtera une dizaine d’euros.

 
30 minutes pour savoir si on est positif à la Covid-19

Cet autotest est un test antigénique : il faut frotter un écouvillon (une espèce de coton-tige, en un peu moins long) dans une profondeur de 2 à 4 centimètres de sa narine, le sortir et le tremper dans une solution qui détecte la présence du virus.

Environ 30 minutes plus tard, on peut lire le résultat, soit sur une application de téléphone, soit comme quand on pense avoir un polichinelle dans le tiroir, on verse le réactif chimique sur une lamelle et le résultat s’affiche.


« La solution miracle n’est pas au rendez-vous »

La Haute Autorité de Santé (HAS) a donné son autorisation pour l’autotest antigénique, ce qui signifie que ce test a une sensibilité clinique supérieure ou égale à 80%. Pour la HAS, les premières données rapporteraient « des sensibilités cliniques de l’ordre de 80% à 95% chez les patients symptomatiques », et de 50 à 60% pour les asymptomatiques, pour les tests de diagnostic rapide (TDR) et les tests rapides d'orientation diagnostique (TROD). 

Le Conseil national de l’ordre des pharmaciens a publié un communiqué le 18 mars dernier, présentant ses doutes sur cette technique d’auto-prélèvement : cet autotest présenterait des problèmes de traçabilité du virus et de responsabilité du ou de la citoyen.ne. Rien ne dit qu’une personne autotestée positive à la Covid-19 ira automatiquement dire qu’elle a le virus, prévenir tous ses contacts, savoir quelles sont les conduites à prendre. Une personne négative au coronavirus pourrait, elle, ne plus respecter les gestes barrières. Mais aussi, ce test n’a pas l’air si facile à faire soi-même. C’est en tout cas ce que ministre de la Santé et médecin Olivier Véran a confessé à France Inter après avoir effectué l’autotest. « La solution miracle n’est pas au rendez-vous. […] Ces autotests ne doivent être utilisés qu’en seconde intention, si le prélèvement nasopharyngé est vraiment impossible, chez certaines personnes très âgées ou chez de très jeunes enfants » précise Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO).

L’autotest a déjà été implémenté aux États-Unis et dans des pays européens comme le Royaume-Uni ou le Portugal. En Allemagne, la commercialisation des premiers autotests mi-mars a entraîné rapidement une rupture de stocks dans les chaînes de magasin Aldi et une saturation du site web de Lidl.

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