Qui va respecter l'interdiction de boire sur les quais de Seine ?

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Boire sur les quais, c'est plus qu'une pratique, c'est une tradition pour la jeunesse parisienne. Une bouteille bien fraîche achetée à l'épicerie du coin, on y va avec ou sans raison ; le simple prétexte du beau temps et des premières chaleurs est bien suffisant. Envahis tout l'été, les quais de Seine attirent plus l'alcoolisme que le tourisme et ça dérange les autorités.


Le 24 juin dernier, la sentence tombe et Paris s'indigne : la préfecture de la ville a décidé d'interdire la consommation d'alcool sur les quais de Seine. Longtemps conquises par la jeunesse et les cadavres de rosé bon marché (rarement de bon goût), les berges de notre belle rivière perdent ainsi leur charme et leur traditionnelle joie des soirées bouillonnantes de la street parisienne. On croirait presque à l'enterrement d'une pratique si sacrée que même l'eucharistie s'en boufferait les doigts... mais que nenni. Pour la simple et bonne raison que bien trop peu comptent respecter la loi.

Matthieu, 24 ans

« Ça fait déjà 2 ans qu'on a l'habitude de venir au moins deux fois par mois sur les quais. On a notre petit spot habituel, personne ne nous embête, tout le monde s'amuse. Je ne vois pas pourquoi d'un coup, ça devrait être interdit. On ne peut plus faire ce qu'on veut, à croire qu'il faudrait presque que tout le monde fasse la gueule pour que la police soit contente. »

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Tout comme Matthieu, bon nombre de jeunes ont bien l'intention de rester bien assis sur leurs positions. Si les forces de l'ordre se sont bien mobilisées pour faire face à la vente d'alcool à la sauvette, arrêter tous les consommateurs qui font la fête allègrement soirée après soirée du 8e au 7e arrondissement est une tâche un poil plus complexe. D'autant que la proximité des facultés avec ces centres d'intérêt ne facilite pas le contrôle de "qui boit" et "qui ne boit pas".

Alexandra, 36 ans

« C'est un rendez-vous, une vraie routine presque. Avec les copines, on vient souvent, surtout pour échapper un peu à nos vies quotidiennes et se retrouver. Même les touristes le font, c'est comme une étape à faire à Paris. »

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Au détour de multiples questions posées à la volée, on nous confirme à droite à gauche que non, la jeunesse et les usagers des berges ne renonceront pas si facilement à leur « droit ». Une réponse peu surprenante, tant les Parisiens sont attachés à leurs traditions. Rappelons tout de même que l'arrêté compte simplement sanctionner les consommateurs qui défilent entre minuit et 7h du matin, et que la fréquentation de ces lieux se réduit considérablement passées les premières heures de la nuit profonde.

En attendant, Paris ne compte pas se coucher devant la loi et dormir plus tôt que ce que la fête a à lui offrir.

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