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Après l’effondrement rue Amelot, faut-il s’inquiéter pour les immeubles anciens à Paris ?

undefined undefined 19 janvier 2026 undefined 13h00

Jérémy Pennors

Un effondrement spectaculaire qui aurait pu avoir des conséquences bien plus dramatiques. Il est un peu plus de 0h30 lorsque le plancher d’un appartement situé au 5e étage d’un immeuble du 34 bis rue Amelot cède brutalement. Une cinquantaine de personnes participaient à une fête privée. En quelques secondes, plusieurs invités chutent à l’étage inférieur, piégés sous les décombres. Sur place, l'effroi est total. 

Le bilan fait état de 15 blessés, dont une personne en urgence absolue, toujours dans un état grave. Près de 145 sapeurs-pompiers sont mobilisés, et certaines victimes sont prises en charge dans un Ehpad voisin. L’immeuble est entièrement évacué et une enquête est ouverte. Mais rapidement, une question se pose : le poids des invités est-il responsable de l’effondrement ?

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L’eau, « ennemi numéro un » des immeubles anciens

Selon les premiers éléments communiqués par les pompiers et la préfecture de police, l’effondrement serait structurel et non lié à une fuite de gaz. Une hypothèse se dégage : une infiltration d’eau, possiblement depuis le balcon.

Pour Dominique Boussuge, présidente de l’Institut international des experts Vauban, spécialisée dans les pathologies du bâti, ce scénario est malheureusement classique. « L’eau est l’ennemi numéro un des bâtiments anciens », rappelle-t-elle. Avant la Seconde Guerre mondiale, la majorité des immeubles parisiens reposaient sur des planchers en bois soutenus par des poutres. Lorsque l’eau s’infiltre, parfois pendant des années, le bois pourrit, perd sa résistance et finit par rompre.

Contrairement aux idées reçues, un plancher sain est conçu pour supporter 400 à 500 kg par mètre carré. « Même avec 50 personnes, le poids n’est pas un problème si la structure est intacte », insiste l’experte.

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Faut-il craindre d’autres effondrements à Paris ?

Si ce type d’accident reste rare, il n’est pas exceptionnel. De nombreux immeubles anciens à Paris, mais aussi à Lyon, Marseille ou Toulouse, sont aujourd’hui considérés comme fragilisés. Le danger vient surtout du manque d’entretien et de l’habituation progressive aux signes d’alerte.

Plancher qui devient souple, craquements inhabituels, affaissement visible au niveau des plinthes sont autant de signaux qui doivent alerter. « Quand on constate un vide entre la plinthe et le sol au milieu d’une pièce, c’est souvent le signe qu’une poutre s’affaisse », explique Dominique Boussuge.

Dans ce cas, il est crucial de prévenir immédiatement le syndic et de faire appel à un expert. Sans intervention, l’effondrement est souvent inévitable… tôt ou tard.