Après s’être fait insulter, Alexandria Ocasio-Cortez recadre un élu républicain

"Fucking bitch" : c'est l'insulte qu'a proférée un élu républicain de la Chambre des représentants à l'encontre de la benjamine du Congrès américain, qui a répliqué par un recadrage dans les règles ce jeudi 23 juillet. 

Ce lundi 20 juillet, l'élu républicain de la Chambre des représentants Ted Yoho a abordé sa consœur démocrate Alexandria Ocasio-Cortez sur les marches du Congrès. Il lui reproche ses propos liant la hausse de la criminalité à New York à la pauvreté accrue par la pandémie.

L’énergumène l’accuse d’être « complètement folle » et « écœurante ». Alors que l’élue démocrate continue son chemin et lui répond qu’il est «grossier», il ponctue son intervention d’un « fucking bitch » ("sale pute", dans la langue de Shakespeare). Manque de bol pour lui, un journaliste du site d'informations politique The Hill était présent sur les lieux.


"C’est une culture d’absence d’impunité, d’acceptation de la violence et du langage violent à l’égard des femmes"

« Ce sont les mots que le représentant Yoho a prononcés contre une députée. La députée qui représente non seulement le 14e district du Congrès de New York, mais aussi toutes les femmes du Congrès et toutes les femmes de ce pays, car nous avons toutes dû faire face à cette situation d’une manière ou d’une autre à un moment donné de notre vie. », a déclaré Alexandria Ocasio-Cortez. « Ce n’est pas nouveau et c’est bien là le problème. Mr Yoho n’était pas seul, il marchait coude à coude avec le représentant Roger Williams. Et c’est là que nous commençons à voir que ce problème ne se résume pas à un seul incident. Il est culturel. C’est une culture d’absence d’impunité, d’acceptation de la violence et du langage violent à l’égard des femmes, toute une structure de pouvoir qui soutient cela. », a-t-elle poursuivi. 

L'élu républicain a nié avoir tenu ses propos, non sans s’excuser pour ses « manières abruptes ». On soulignera également qu’il n’a pas expressément nommé Alexandria Ocasio-Cortez, la désignant par « ma collègue de New York ».  Pour sa défense, il a déclaré : « Étant marié depuis 45 ans et père de deux filles, je suis très conscient de mes mots ».

« Ce qui me pose problème, c’est d’utiliser les femmes, nos épouses et nos filles, comme boucliers et excuses pour des mauvais comportements, a rétorqué l'élue d'émocrate. M. Yoho a mentionné qu’il avait une femme et deux filles. J’ai deux ans de moins que la plus jeune fille de M. Yoho. Je suis aussi la fille de quelqu’un. Heureusement, mon père n’est plus en vie pour voir comment M. Yoho a traité sa fille. Ma mère a pu voir à la télévision l’irrespect de M. Yoho à mon égard sur le sol de cette maison. Et je suis ici parce que je dois montrer à mes parents que je suis leur fille et qu’ils ne m’ont pas élevée pour accepter la maltraitance des hommes. » 

Le harcèlement de rue, s'il a été ici commis par un homme de pouvoir, n'a rien de banal. Récemment, le compte Instagram Dis bonjour sale pute a été créé pour épingler les situations de violences commises envers les femmes dans l'espace public en France, et mérite qu'on s'y attarde. 

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