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Comment cette photographe bouscule tous les codes du corps et de la mode à la MEP

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Hanae Mitteau

Il y a des expos dont on sort avec des paillettes dans les yeux, et d’autres qui vous retournent le cerveau de la plus douce des manières. C’est exactement le pari de Camille Vivier, figure incontournable de la photographie contemporaine, qui s’empare des espaces du Marais tout l'été. Avec près d’une centaine d’œuvres réunies, ce parcours retrace vingt-cinq ans d’une carrière fascinante, passée à flirter entre l'édito de mode pointu et l'art underground le plus pur.

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Une esthétique qui mixe pop culture, nus underground 

Ce qui frappe d’emblée quand on pénètre dans l’univers de Camille Vivier, c’est cette rencontre géniale des genres. Ancienne assistante pour le mythique Purple Magazine, la photographe a signé des visuels pour les plus grandes maisons (Margiela, Dior, Hermès…) tout en construisant en parallèle un monde ultra-personnel et énigmatique.

Ici, les références s'entrechoquent avec une liberté folle : les classiques des Beaux-Arts saluent la bande dessinée, tandis que l'imagerie des premières icônes de Hollywood copine avec les décors biomécaniques de Hans Ruedi Giger (le papa d'Alien). C’est beau, c'est parfois sombre, et c'est surtout d'une poésie folle qui interroge la frontière entre le vivant et l'inanimé.


Des corps hors normes et des femmes puissantes

Ne vous attendez pas à des portraits lisses et sans relief. Le grand dada de Camille Vivier, c’est le corps. Et plus particulièrement le nu féminin, qu'elle réinvente loin des dictats habituels. L'artiste explore la pluralité des féminités en photographiant des corps musclés, sculptés et hors normes.

L’exposition s'adresse plutôt à un public averti. Entre érotisme sous tension, clair-obscur dramatique et statues anthropomorphes, chaque image bouscule nos certitudes et célèbre une force brute texturée, presque palpable.

Dans ses mises en scène, la chair dialogue avec des objets insolites, des bougies votives, des marionnettes modernistes ou des sculptures monumentales. On en ressort avec une certitude : celle d'avoir contemplé l'une des propositions artistiques les plus vibrantes du moment.


Camille Vivier — La MEP 
5,7, rue de Fourcy — Paris 4
Du 10 juin au 13 septembre 2026
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