Musée Jacquemart-André : entrez dans le monde du rêve et du fantastique avec Füssli

Johann Heinrich Füssli (1741 – 1825), Le rêve de la reine Catherine, 1781, huile sur toile, 151 x 212,1 cm, Lytham St Annes Art Collection of Fylde Council © Heritage Images / Fine Art Images / akg-images

Du 16 septembre au 23 janvier, on plonge dans le monde de l’imaginaire et du sublime au musée Jacquemart-André. Durant ces cinq mois, on visite l’exposition Füssli, entre rêve et fantastique pour découvrir les œuvres de cet artiste emblématique.

On ne peut oublier ce tableau si caractéristique de Johann Heinrich Füssli ; si son nom ne vous dit peut-être rien, sa peinture devrait vous parler. Une pièce sombre, une femme en blanc allongée sur un divan, au-dessus d’elle apparaît la tête d’un cheval dans l’entrebâillement du rideau, et à côté une créature monstrueuse fixe notre regard : bienvenue dans Le Cauchemar, son tableau le plus emblématique. En plus de ce dernier, le musée Jacquemart-André a la chance d’accueillir une soixantaine d’œuvres du peintre britannique, artiste atypique et rare dans les collections françaises. 

 Johann Heinrich Füssli (1741 – 1825), La sorcière de la nuit rendant visite aux sorcières de Laponie, 1796, huile sur toile, 101,6 x 126,4 cm, Metropolitan Museum of Art, New York, photo © The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais / image of the MMA


Un goût pour la terreur et l’horreur novateur pour l’époque
 

Au sein du parcours de l’exposition, on déambule au rythme des thèmes les plus saisissants de l’œuvre de Füssli : sujets shakespeariens, représentations du cauchemar, apparitions, illustrations mythologiques et bibliques… on a l’impression de parcourir un conte qui oscille entre rêve et fantastique dans un langage onirique et dramatique. Bien loin des contes de Perrault, on se situerait plutôt du côté des frères Grimm. Cette veine fantastique du peintre est pour l’époque relativement marginale, car elle contourne les règles académiques, mais son goût pour la terreur et l’horreur seront plus tard à l’origine des images les plus représentatives du romantisme gothique.


Une visite complète parmi les œuvres les plus renversantes de l’artiste

L’exposition s’ouvre sur la représentation par Füssli du théâtre shakespearien, en particulier Macbeth avec l’œuvre Lady Macbeth saisissant les poignards. Considéré comme l’interprète de Shakespeare en peinture, la puissance émotionnelle de son œuvre repose sur la mise en scène et l’expressivité des acteurs qui composent ses tableaux.

 Johann Heinrich Füssli (1741 – 1825), Lady Macbeth saisissant les poignards, 1812, huile sur toile, 101,6 x 127 cm, Tate Britain, Londres, photo: Tate

On continue la visite avec des récits mythologiques et bibliques, en particulier l’extraordinaire Achille saisit l’ombre de Patrocle, un thème décliné en plusieurs versions. S’ensuit le thème de la figure féminine, très importante dans la vie et l’œuvre de Füssli, qu'il dessine dans une posture de pouvoir et de domination. Pour conclure cette exceptionnelle exposition, on part du côté du cauchemar pour voir (enfin) son œuvre la plus célèbre, Le Cauchemar. En ressortant, impossible de ne pas se sentir différent, les œuvres sont d’une telle puissance scénaristique qu’elles vous transportent le temps de la visite dans le monde de l’étrange. Attention aux regards des personnages sortis tout droit de l’imaginaire du peintre, on a l’impression qu’ils nous suivent de loin en loin. Mystère, mystère…

 Johann Heinrich Füssli (1741 – 1825), Le Cauchemar, après 1782, huile sur toile, 31,5 × 23 cm, The Frances Lehman Loeb, Art Center, Vassar College, Poughkeepsie, New York, photo : Frances Lehman Loeb Art Center, Vassar, Poughkeepsie, NY / Art Resource, NY

Musée Jacquemart-André
158, boulevard Haussmann – 8e

Tous les jours de 10h à 18h, nocturne le lundi jusqu’à 20h30
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