3 raisons d'aller voir l'expo Miró au Grand Palais

© Successió Miró / Joan Mirò -Oiseaux et insectes

Il a fallu attendre 44 ans pour une nouvelle rétrospective Miró, et toujours au Grand Palais. Joan Miró, "le catalan universel", nous ouvre les portes de son œuvre magistral, entre rêve, poésie et imaginaire. Voici trois bonnes raisons de plonger dans un monde de rêve avec Miró.


Près de 150 œuvres du grand maître catalan Joan Miró sont réunies dans une retrospective ambitieuse au Grand Palais, l'occasion de donner toute la dimension de son œuvre toujours ancré dans la modernité. Pour cette rétrospective, des prêts exceptionnels provenant de grands musées internationaux sont exposés, comme le tryptique Bleu I, Bleu II, Bleu III. Au Grand Palais, l'accent est mis sur des collections particulères et sur les périodes charnières de Miró, qui déclarait : « Les gens comprendront de mieux en mieux que j'ouvrais des portes sur un autre avenir, contre toutes les idées fausses, tous les fanatismes ». Un message qui résonne tout particulièrement aujourd'hui.

Joan Miró, Peinture-poème (Photo : ceci est la couleur de mes rêves), 1925, The Metropolitan Museum of Art © Successió Miró/ Adagp, Paris 2018
 

S'immerger entre fauvisme et cubisme

Quand il débute, Joan Miró s'ouvre aux idées de l'avant-garde européenne en suivant des cours à l'Escola d'Art de Francesc Galì à Barcelone. Le "Fauve catalan" se cherche, et dans les premières salles de l'exposition on suit pas à pas ses expérimentations. Du fauvisme, Miró ne retient que la valeur expressive de la couleur, qu'il met au service d'un lyrisme personnel exubérant. Avec le mouvement cubiste, Miró entretient une relation complexe ; il en garde le découpage des plans en facettes, le basculement des perspectives et la multiplication des points de vue. Comme Miró aime cumuler l'art catalan, le fauvisme, le futurisme italien, nous on aime s'immerger dans son œuvre engagé et intense.

Joan Miró Autoportrait, 1919 huile sur toile ; 73 x 60 cm, France, Paris, Musée national Picasso-Paris,donations héritiers Picasso 1973/1978 © Successió Miró/ Adagp, Paris 2018

Joan Miró, Bleu II, 4 mars 1961, huile sur toile ; 270 x 355 cm, France, Paris, Centre Pompidou © Successió Miró/ Adagp, Paris 2018


Découvrir Joan Miró vu par ses amis poètes et écrivains
 

Quand il s'installe à Paris, Miró travaille dans un atelier situé au 45, rue Blomet. Il a pour voisin André Masson, qui lui fera découvrir un cercle d'écrivains et de poètes, tous engagés dans un nouveau langage poétique : Michel Leiris, Georges Bataille, Antonin Artaud, Raymond Queneau. Même si Miró crée son propre langage, un alphabet de signes, il garde un lien d'amitié très fort avec ses comparses. Au sein de la rétrospective, les photographies de ses compagnons illustres gardent une belle place. Dès 1925, Louis Aragon, Paul Eluard et Pierre Naville rendent visite à Mirò pour voir ses dernières peintures. 

Anonyme, Joan Miró, en train de peindre Le Faucheur, Pavillon Espagnol, Exposition Universelle, Paris 1937 © Successió Miró/ Adagp, Paris 2018


Se plonger dans l'œuvre ultime d'un génie

L'historien Jean-Louis Prat, membre du Comité Miró et commissaire de la retrospective, est aussi un ami de l'artiste. « La générosité, la liberté, l'écoute de Joan Miró, c'est ce que je garde de l'artiste. Quand vous rentriez dans une pièce, la première question qu'il posait c'est "que penses-tu de cette œuvre ?" Il voulait connaître votre avis », aime raconter Jean-Louis Prat. Et l'ami de Joan Miró est intarissable sur l'œuvre du peintre. Il salue la puissance de l'homme de 90 ans qui continuait de peindre, sculpter et créer, en se réinventant toujours dans une modernité de traitement. Moins connus du grand public, les grands triptyques font écho aux toiles brulées détruites par le feu et encore aux expérimentations des signes graphiques. Joan Miró peint avec ses doigts, ses poings, en marchant sur la toile.

Joan Miró, Toile brûlée II, 1973, acrylique sur toile coupé et brûlé; 130 x 195 cm, Espagne, Barcelone, Fundaciòn Joan Miró © Successió Miró/ Adagp, Paris 2018
vue de l’exposition Miró (4), Scénographie Atelier Maciej Fiszer © Rmn-Grand Palais / Photo Didier Plowy

On est bien d’accord avec vous, il existe bien plus que trois raisons de se rendre au Grand Palais et d’entreprendre un voyage onirique avec Miró. Vous l’avez compris, il n’y a que des bonnes raisons et un article ne sera jamais suffisant. 


Miró

Au Grand Palais, Galeries nationales
3, avenue du Général-Eisenhower – 8e
Du 3 octobre 2018 au 4 février  2019
Plein tarif : 15€ / Tarif réduit : 11€