La Fondation Cartier pour l'art contemporain accueille l'exposition haute en couleur de l'artiste Sally Gabori

© Simon Strong
Communiqué

La Fondation Cartier pour l’art contemporain accueille l’exposition Mirdidingkingathi Juwarnda Sally Gabori hors de l’Australie. Du 3 juillet au 6 novembre 2022, on découvre l’histoire de cette grande artiste contemporaine et de ses racines aborigènes. Bien plus qu’une simple exposition, c’est l’histoire de toute une vie que l’on découvre ici.

Sally Gabori est considérée comme l’une des plus grandes artistes contemporaines australiennes de ces deux dernières décennies. Elle commence à peindre en 2005 vers l’âge de 80 ans, en illustrant son histoire et ses racines. Née en 1924 sur l’île Bentinck, dans le golfe de Carpentarie, dans le nord de l’Australie, elle fait partie du peuple kaiadilt. Largement isolés, ils sont le dernier peuple côtier de l’Australie aborigène.

 
L’histoire derrière les peintures de Sally Gabori 

Les peintures de Sally Gabori représentent la vie du peuple kaiadilt sur l'île. Il est impossible de parler de cette grande artiste sans connaître les origines de ses œuvres uniques. Pendant une vingtaine d’années, Sally Gabori vit sur l’île Bentinck. En 1948, à la suite d’un cyclone et d’un raz-de-marée qui inondent une grande partie de leurs terres, les kaiadilt sont contraint de quitter Bentinck et de rejoindre la mission presbytérienne sur l’île Mornington. Arrachés à leur coutume et leur mode de vie, les Kaiadilt sont logés dans des campements sur la plage et les enfants sont séparés de leurs parents dans des dortoirs de la mission. Cet exil, qui ne devait être que de courte durée, s’étendra finalement sur plusieurs décennies, obligeant Sally Gabori à rompre avec sa terre natale. 

Ce n’est que de nombreuses années plus tard, en 1994, lorsque la législation australienne reconnaît les droits des kaiadilt sur leur terre, et installe sur l’île Bentinck un petit ensemble d’habitations, que Sally Gabori retourne enfin sur les lieux de son enfance. À la suite de plusieurs séjours sur Bentinck, elle commence à peindre en 2005, au centre d’art et d’artisanat de Morington. D’abord sur des toiles de petits formats, qu’elle exécute avec un pinceau fin et des couleurs non diluées, puis deux ans plus tard sur des toiles monumentales de 6 mètres de long

 
Un voyage au centre de l’île
 

Le parcours de l’exposition est une véritable traversée au cœur de l’île Bentinck. Chaque œuvre représente un lieu unique qui évoque un membre de la communauté des kaiadilt ou la beauté naturelle de l’île. Ainsi, on découvre Thundi situé au nord, Nyinyilki sur la côte sud-est, mais aussi Dibirdibi l’ancêtre fondateur de l’île. Dans ses peintures, trois éléments sont omniprésents : la terre, la mer et le cielChaque toile est inspirée des variations infinies de la lumière sur le paysage que suscite le climat violemment contrasté du golfe de Carpentarie. De sa patte exceptionnelle qui lie combinaison de couleurs, jeu de formes, superpositions de surfaces et variations de formats, on ne peut être indifférent face aux histoires qui prennent vie devant nos yeux.

En 9 ans, cette grande artiste peint plus de 2 000 toiles, notamment plusieurs œuvres collaboratives, peintes avec ses sœurs, ses filles et ses nièces, dont 3 sont présentées dans l’exposition. Pour ces femmes qui sont nées sur Bentinck avant l’exode et qui sont les ultimes locutrices de la langue kayardilt, ces tableaux sont une manière de témoigner de leurs racines.

En tout, 31 œuvres sont à découvrir à l'exposition. Pour les fanas d’art qui veulent en apprendre plus, la Fondation Cartier crée, en étroite collaboration avec la famille de Sally Gabori et la communauté kaiadilt, un site Internet immersif qui met à l’honneur la vie et l’œuvre de l’artiste

Fondation Cartier pour l’art contemporain
261 boulevard Raspail – 14e
Tous les jours de 11h à 20h, sauf le lundi
Nocturne le mardi jusqu’à 22h
Du 3 juillet au 6 novembre 2022

Plus d’infos
Site Internet immersif

Billetterie

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