On a ri à la minute une, on a retenu nos larmes au bout d’1 h 15 de spectacle. Voici l’incroyable pouvoir d’Antoine Heuillet lorsqu’il monte sur les planches : celui de vous captiver et de vous faire traverser un véritable ascenseur émotionnel. Un pouvoir que peu de comédiens maîtrisent avec une telle justesse, de surcroît dans un seul-en-scène aussi intime. Mais avec lui, ça fonctionne fabuleusement bien. Dès les premiers instants, dès les premières blagues — qu’on ne sait trop si elles sont improvisées ou écrites —, ce jeune homme de 30 ans se livre en toute honnêteté, nous subjugue autant qu’il nous attendrit. Jusqu’au 1er décembre 2026, c’est au Théâtre du Petit Saint-Martin qu’il partage un bout de son histoire, avec Courir à la catastrophe, spectacle qu’il a écrit, mis en scène et qu’il interprète. Et s’il vous en faut plus, voici trois raisons d’aller voir cette pièce avant qu’elle ne s’arrête !
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1) L’authenticité d’un parcours de vie racontée sur scène
Antoine Heuillet ne passe pas par quatre chemins. Il ne fait pas semblant. Et puis avec ce spectacle, il ne joue aucun autre rôle que celui de sa propre vie. Non, la véritable impression que l’on a dès les premières minutes de Courir à la catastrophe, c’est d’être face à un ami qui nous raconte son histoire. Celle d’un jeune lycéen qui découvre son attirance pour les garçons, qui sort en boîte pour la première fois. Puis celle d’un jeune adulte qui fait ses premiers pas au théâtre, qui a un rapport distant avec son père, qui rêve de révéler au monde qui il est vraiment mais se heurte à un mur familial solidement bâti sur des clichés et des amalgames, qui découvre la violence inouïe dont ce monde est capable.
Le propos est fort. Tellement fort qu’il aurait pu être dur à entendre en tant que spectateur. Mais Antoine Heuillet ose un pari ambitieux ô combien réussi : celui d’évoquer ses blessures sous le prisme d'un humour parfaitement mesuré qui s’applique tel un pansement.

© Marina Viguier
2) Une scénographie minimaliste au service du comédien et de l’histoire
Deux chaises, un balai, un manteau de fourrure et, braqué sur lui, un projecteur. Niveau décor et costumes, les choses ont été vues en petit, et ça fonctionne merveilleusement bien. Pourquoi ? Parce que l’écriture de cette pièce est si précise et percutante que ce sont les mots bien plus que les objets disposés sur la scène qui comptent vraiment. Le charisme et la pétillance du comédien embaument la salle à mesure qu’il dévoile des fragments de son intimité et entre dans la peau de différents personnages : sa psy décalée, sa tante problématique, sa mère émue ou encore son oncle dont il était très proche.

© Marina Viguier
3) Nous rappeler que tant qu'on court, il y a de la vie
Au milieu de ce récit profondément intime, un message bien plus global vient se frayer un chemin : on court, tous, tout le temps, après tout. Finalement, le quotidien n'est qu'une course effrénée à travers les désirs, les joies, les échecs, les petites et les grandes catastrophes. Avec poésie et résilience, Antoine Heuillet nous rappelle justement la beauté qu'il y a dans cette effervescence. Tant que l’on avance, tant que l’on essaye, tant que l’on trébuche, tant que l’on se précipite, cela signifie qu’il y a de la vie. Et nous, ce qu'on vous recommande, c'est de courir à plein poumon vers le Petit Saint-Martin pour découvrir cette pièce, jusqu'au 1er décembre !

© Marina Viguier
Courir à la catastrophe
Théâtre du Petit Saint-Martin
10, rue René Boulanger – Paris 10
Jusqu’au 1er décembre 2026
Lundi et mardi à 20 h
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