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Expo : Baudelaire avait l\'œil !

undefined undefined 9 novembre 2016 undefined 00h00

undefined undefined 7 décembre 2016 undefined 12h19

Tiana Rafali-Clausse

De Baudelaire on connaît bien les Fleurs du Mal, œuvre majeure de la poésie française, ou encore ses excellentes traductions des Histoires extraordinaires d'Edgar Allan Poe. C'est pourtant à ses travaux de critique d'art que l'expo du musée de la Vie romantique rend en partie hommage.

« Il est beaucoup plus commode de déclarer que tout est absolument laid dans l'habit d'une époque, que de s'appliquer à en extraire la beauté mystérieuse, si minime ou si légère qu'elle soit. » Cette phrase, lumineuse, éclaire de sa lucidité toute poétique l'exposition proposée dans les salles emplies de pénombre du musée de la Vie romantique. Là, le spectateur pourra découvrir des tableaux de maîtres (Manet et Delacroix notamment) mais également des esquisses et réalisations d'artistes de l'époque aujourd'hui moins célébrés, comme Constantin Guys, qui gagna les faveurs du poète ; surtout, il pourra lire, sous les informations relatives aux tableaux et entre guillemets, les commentaires (parfois lapidaires) que Baudelaire en fit pour la presse et réunis dans les deux volumes consacrés à ses travaux sur l'art : Curiosités esthétiques et L'Art romantique.

© LEGROS  Alphonse (1837-1911), Ex-Voto, 1860. Musée des beaux-Arts de Dijon. Photo © RMN-Grand Palais / Agence Bulloz

Divisée en quatre temps comme autant de salles, l'exposition rend compte, par l'intermédiaire de tableaux et de dessins, des références esthétiques et artistiques de l'auteur d'A une passante (Les Phares), de son rapport à l'amour et à la chair (Le musée de l'amour), de son implication dans son époque (L'héroïsme de la vie moderne) et enfin, dans la superbe dernière salle, de ce qui pour lui constituait la modernité (Le Spleen de Paris). Une plongée intense et magnifique dans l'univers esthétique de ce poète ineffable et dont on nous livre ici, avec une émouvante fidélité, la vision de l'art de son temps.

 Octave Tasseart (1807-1874), Nymphe couchée, Lyon, musée des Beaux-Arts © Lyon MBA- Photo Alain Basset

Photo de couverture : CARJAT Etienne (1828 -1906), Baudelaire avec estampes, 1863. Paris, Bibliothèque nationale de France © Bibliothèque nationale de France

Texte : Louis Haeffner 

L'œil de Baudelaire
Musée de la Vie romantique

16, rue Chaptal – 9e