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CLING ! : Le 9e art s’empare de la Monnaie de Paris

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Clémence Varène

Jusqu'au 6 septembre 2026, la Monnaie de Paris, qui a su s'imposer au fil des années comme une institution culturelle incontournable de la capitale grâce à des expositions nous plongeant dans la Pop Culture, dans l’univers d’artistes classiques ou contemporains surprenants, ou en nous faisant voyager à travers la planète, nous propose une fois de plus de plonger dans un monde à part entière, celui de la bande dessinée. Une plongée au cœur des aventures trépidantes des héros de notre enfance ou des magouilles réjouissantes de ceux que l’on a découverts plus tard, pour jeter un regard neuf sur l’argent et notre rapport à ce dernier.


Argent et bande dessinée, les deux faces d’une même pièce ?

Que la Monnaie de Paris décide de consacrer une rétrospective entière au 9e art peut sembler étrange. Pourtant, ces deux thématiques partagent bien plus de points en commun qu'on ne le pense. Pour commencer, la richesse est une thématique que l’on retrouve partout, depuis les débuts de l’histoire de la BD jusqu’à aujourd’hui : Gaston en guerre contre le parcmètre de Longtarin, Picsou et sa fortune, Largo Winch et ses problèmes de holding…

Mais le parallèle entre ces deux thématiques est bien plus profond que cela. En effet, l’une comme l’autre, la monnaie et la bande dessinée représentent des objets de la culture populaire, faits pour être produits en masse et partagés à outrance auprès d’un public étendu. Chacune à leur manière, elles s'intéressent aux problématiques d’impression, de reproduction et de diffusion. Enfin, il ne faut pas oublier que la bande dessinée se démocratise aussi, notamment chez les jeunes, pendant les Trente Glorieuses, grâce à la popularisation de l’argent de poche.


Un mode d’éducation populaire et accessible

Forte de ces liens indubitables et indéfectibles, la Monnaie de Paris nous propose une immersion grandiose dans le monde des bulles. Dès la première salle (le somptueux salon d’honneur Guillaume Dupré), huit tentures gigantesques nous attendent, commandées spécialement par l'institution auprès de Blutch, Ugo Bienvenu, Coco, Florence Cestac, Nicolas de Crécy, Anouk Ricard, Thomas Ott et Catherine Merisse, pour nous présenter les huit archétypes de la représentation de l’argent dans la bande dessinée. Celui de l’aventurier, du joueur, du faussaire, de l'alchimiste ou encore du marginal.


Will EISNER, The Spirit,1982. Couverture de Spirit Magazine #38 Éditions Kitchen Sink © Photo musée de la Bande dessinée, CIBDI, Angoulême

Des figures qui se déclinent au fil des salles, par le prisme de dizaines de planches originales issues des plus grands chefs-d'œuvre du 9e art. Des extraits de Tintin, de Corto Maltese, de Spirou ou de Lucky Luke, qui présentent la BD comme une source d’information. De page en page, on y apprend la valeur de l’argent, mais encore plus celle de l’aventure, des concepts économiques tels que l’épargne et la possession. Tournée de manière humoristique, politique, ironique ou poétique, la question de l’argent est disséquée encore et encore pour lui redonner sa juste place, alors qu’aux murs, se succèdent cases, strips et bulles toutes plus riches de leçons les unes que les autres…

CLING ! La bande dessinée parle cash
Monnaie de Paris
11, quai de Conti – 5e
Jusqu’au 6 septembre 2026
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