trois-maries-bouchon-lyonnais-refuge-clandestin-po

Ce bouchon lyonnais était le refuge de poètes résistants comme Louis Aragon et Paul Éluard

undefined undefined 14 octobre 2026 undefined 12h30

Antoine Lebrun

Aux Trois Maries, un bouchon lyonnais chargé d’histoire

Au cœur du Vieux-Lyon, à quelques pas de la Saône, Aux Trois Maries est plus qu’une adresse où déguster de délicieuses spécialités lyonnaises. Installé au 1 rue des Trois-Maries, ce restaurant possède une histoire intimement liée à celle du quartier. À l’origine, le lieu s’appelait le Café des Primeurs, en référence au marché qui animait autrefois les quais de Saône.

aux-trois-maries-lyon-bouchon-histoire

Son nom actuel vient d’une enseigne sculptée datant du XVIIe siècle, représentant les trois saintes femmes de l’Évangile : Marie-Salomé, Marie-Jacobée et Marie-Madeleine. Un héritage religieux qui a traversé les siècles, avant que les gourmands ne s’approprient à leur tour les lieux.

trois-maries-bouchon-lyonnais-refuge-clandestin-poetes-resistants-louis-aragon-paul-eluard

Un refuge discret pour les poètes de la Résistance

L’histoire du bouchon prend une tournure inattendue pendant la Seconde Guerre mondiale. Alors que Lyon devient l’un des grands centres de la Résistance, le restaurant aurait servi de lieu de rendez-vous clandestin à des intellectuels engagés, dont les poètes Louis Aragon et Paul Éluard. Entre les murs du Vieux-Lyon, les discussions littéraires se mêlaient alors aux combats contre l’Occupation.

Après la Libération, une autre figure marque durablement l’établissement : Tante Paulette. Dans la lignée des Mères lyonnaises, ces cuisinières qui ont façonné la réputation gastronomique de la ville, elle contribue à faire de l’adresse un véritable repaire de gourmands. Aujourd’hui, Clémentine Roure poursuit cette histoire en faisant vivre l’esprit du bouchon.

Quenelle, tablier de sapeur et terrasse sous le tilleul

Côté assiette, Aux Trois Maries défend les classiques de la cuisine lyonnaise. Quenelle de brochet sauce homardine, tablier de sapeur et saucisson chaud sauce vigneronne figurent parmi les incontournables pour goûter aux traditions locales. Le restaurant propose aussi un menu végétarien, histoire de varier les plaisirs.

À l’intérieur, l’ambiance reste chaleureuse, avec notamment un tableau des Trois Maries au-dessus de la cheminée à l’étage. Aux beaux jours, la terrasse pavée de la place de la Baleine, installée sous un grand tilleul, offre un cadre particulièrement charmant. Une adresse où l’on vient autant pour la cuisine que pour les histoires que ses murs semblent encore murmurer.

 

Aux Trois Maries