Après 45 ans à remplir nos placards de boîtes de rangement, déco saisonnière et autres trouvailles à petits prix, GiFi traverse une sérieuse zone de turbulences. Mardi 20 octobre, la direction a annoncé aux salariés son intention de demander l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela ne signifie pas que les magasins vont immédiatement baisser le rideau.
GiFi va demander son placement en redressement judiciaire
L’annonce est tombée mardi soir. Patrick Puy, tout juste nommé à la tête du groupe, a informé les salariés que GiFi allait solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire afin de protéger l’entreprise et de poursuivre son activité. L’enseigne compte aujourd’hui plus de 500 magasins et environ 6 000 salariés en France. Une sacrée machine qui connaît pourtant d’importantes difficultés de trésorerie. Selon plusieurs médias, GiFi aurait enregistré environ 100 millions d’euros de pertes en 2025, pour un chiffre d’affaires avoisinant le milliard d’euros.
Les magasins près de Lille vont-ils fermer ?
Pour le moment, la réponse est non. La direction l’a précisé auprès des salariés : les magasins restent ouverts, l’activité se poursuit et les contrats de travail sont inchangés. Aucun nouveau plan de sauvegarde de l’emploi n’est annoncé à ce stade. Autour de Lille, l’enseigne est pourtant loin d’être absente. Son localisateur officiel référence notamment des magasins à Lille dans le centre commercial Les Tanneurs, Englos/Sequedin, Marquette-lez-Lille, Neuville-en-Ferrain près de Roncq et Leers/Lys-lez-Lannoy. À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune fermeture spécifique de ces adresses n’a été annoncée à la suite de la demande de redressement judiciaire. On peut donc encore aller chercher sa déco de Noël ou son panier de rangement sans prévoir les adieux à la caisse.
Alors, qu’est-ce que le redressement judiciaire va changer ?
C’est là que la nuance est importante. Un redressement judiciaire n’est pas une liquidation. Si la procédure est ouverte par le tribunal, elle doit justement permettre à une entreprise qui ne parvient plus à faire face à ses dettes de continuer son activité tout en cherchant une solution à ses difficultés financières. La suite dépendra donc des décisions prises dans les prochains mois. Restructuration, cession de certains magasins ou arrivée de repreneurs pourraient faire partie des scénarios étudiés. GiFi avait d’ailleurs déjà commencé à réduire la voilure. En 2025, l’entreprise avait envisagé un plan social portant sur environ 5 % de ses effectifs avant de l’interrompre. Une trentaine de magasins ont également été cédés à Grand Frais afin d’alléger le réseau. Pour les magasins lillois, il est donc encore beaucoup trop tôt pour parler de fermeture.
Comment GiFi en est arrivé là ?
Les ennuis ne datent pas d’hier. En 2023, le déploiement raté d’un nouveau système informatique avait fortement perturbé la gestion des stocks et les approvisionnements. Une mauvaise passe qui s’est ajoutée à un marché du discount devenu particulièrement concurrentiel, avec la montée en puissance d’enseignes comme Action ou Maxi Bazar et des plateformes en ligne comme Temu. En 2025, les banques créancières avaient déjà accepté d’effacer 470 millions d’euros de dette en échange d’une entrée au capital de l’entreprise. Depuis, les dirigeants se succèdent et GiFi tente de retrouver l’équilibre. Patrick Puy, spécialiste des entreprises en difficulté passé notamment par Vivarte et Go Sport, est ainsi devenu en octobre le quatrième dirigeant appelé en deux ans pour tenter de redresser la barre.
Une audience décisive attendue ce vendredi
La prochaine étape devrait désormais se jouer devant la justice. Une audience devant le tribunal de commerce de Toulouse est attendue ce vendredi 23 octobre. C’est elle qui doit permettre de fixer le cadre de la procédure et donc d’en savoir davantage sur la suite pour l’entreprise. Pour les clients lillois, rien ne change donc dans l’immédiat : les magasins GiFi restent ouverts. Mais avec plus de 500 points de vente et 6 000 emplois concernés en France, les prochains mois seront forcément scrutés de près.
