Hier soir le Bonbon a assisté à un concert hors-norme. Sur la scène de l’Olympia se produisait Moriarty, groupe franco-américain célèbre pour sa balade folk "Jimmy". En tournée depuis quelques mois pour chanter leur quatrième album, "Epitaph", le groupe jouait samedi et dimanche dans la salle mythique du boulevard des Capucines. Ce spectacle nous a embarqués dans une autre dimension. Récit d’un Bonbon secoué et ravi.
Pour ceux qui ne connaissent pas, Moriarty est ce que l’on pourrait considérer comme un ovni sur la scène musicale française. Au chant on retrouve Rosemary, une rousse à la peau claire, à la voix puissante, profonde et terriblement envoûtante. Arthur, son acolyte, compose, joue de tous types d’instruments et chante parfois. Ils sont entourés de Thomas, Charles, Stephan, Eric et Vincent. Tous ont des double-nationalités, franco-américaine ou suisse-vietnamienne. A l’écoute de Moriarty, on croit entendre un groupe venant d'une Amérique profonde et d’un autre temps, quelque part entre Nashville et la Nouvelle-Orléans. Cette impression s'explique par la culture anglo-saxonne des membres, bien qu’ils soient nés et qu’ils aient été élevés en France. Assister à un de leurs concerts, c’est faire un voyage aux confins des Etats-Unis, on ne sait pas très bien où l’on est embarqué, mais il suffit de fermer les yeux et l'on se retrouve dans la salle sombre d’un bar typique des States, aux portes en bois battantes et sentant fort la bière.

Dimanche 11 octobre. La salle de l’Olympia est comble, mais calme. Les musiciens commencent à jouer un court morceau au rythme soutenu pour introduire la grande « Rosemary Moriarty ». Vêtue d’une robe de soie imprimée surplombée d’un boléro noir, coiffée d’une couronne de fleurs et d’un chignon bas, la chanteuse trône au milieu des musiciens aux styles éclectiques. Dès les premières paroles chantées, le public est épris. Sa voix rare et veloutée ne peut qu’envoûter. Mais même si la voix de Rosemary est un atout majeur du groupe, la musique l’entourant vaut largement son pesant de cacahuètes. Il y a de l’harmonica, des cymbales, un tambourin, de la contrebasse, de la basse, de la guitare électrique, de l’accordéon, un piano… on en oublie sûrement ! Les instruments passent entres diverses mains, s’échangent entre les musiciens.
La chanteuse est toujours entourée, mais presque en retrait par rapport aux musiciens. Elle ne s’impose jamais car les membres sont en harmonie totale. Arthur plaisante, en anglais ou en français, fait des mimiques... Il porte un pantalon retroussé d’un côté seulement et un t-shirt orné de strass. Le style est loufoque et parfait. Il nous dit que le concert est « beaucoup mieux » que la veille. On ne peut qu’y croire tant l’ambiance est exceptionnelle.

Des mois plus tôt, le musicien nous avait d’ailleurs confié qu’en live, « il y a quelque chose de très proche avec le public. Ce n’est pas une machine qui est tout le temps pareille tous les soirs, avec le même son, le même ordre de chansons. On est comme des éponges, on s’imprègne des moments, la même chanson peut être jouée de manière très excitée, très “dansable” et un autre soir de façon plutôt mélancolique et dans l’écoute ». Aujourd'hui cette phrase prend tout son sens. Moriarty est véritablement un groupe unique sur scène, qui réussit à transporter le public ailleurs, comme rarement un artiste arrive à le faire de nos jours.
© Facebook du groupe & Stephan Zimmerli
