Couvrez ce sein, que je ne saurais voir

Mais jusqu’où ira la mode ! On est bien loin du style d’Audrey Hepburn. Aujourd’hui les It-girls du moment ont les tétons à l’air et le revendiquent comme un acte politique. Pour ou contre ?


De la transparence encore et toujours, c’est la tendance phare que les stars adoptent. Fini les décolletés plongeants et les robes fendues, dorénavant il faut montrer ce que Mère Nature nous a donné et en être fière. Les seins sont devenus des objets de mode à part entière qui sont synonymes d'étendard du féminisme. 


Un acte militant

Pied de nez aux questions liées à la censure sur les réseaux sociaux et aux idéaux intégristes, les créateurs ont choisi de mettre en avant pour les collections printemps-été 2017 le corps de la femme en ne cachant rien. Une suite logique au mouvement #freethenipple et au vent fashion/activiste qui souffle sur les catwalks. Les femmes sont fortes et elles assument leurs formes.


Le sein à travers les époques

De tout temps les seins ont été un signe de rebellion. Prenons le tableau de Delacroix, "La liberté guidant le peuple" où on peut voir Marianne, symbole de liberté, le bustier dégraffé. Il ne faut pas oublier les Années folles ou encore les années hippies avec comme acte de protestation à l'ordre établi le fait de ne pas porter de soutien-gorge. Plus récemment, le collectif des Femen ou Free the Nipple (front de libération du mamelon) utilisent la nudité comme un message en soi. Pour ces dernières, montrer ses seins est plus efficace qu'un long discours. C'est un moyen de se réapproprier son corps en le montrant tel qu'il est. Exit photoshop ! 


Que dit la loi ?

Selon l'article 222-32 du Code pénal remplaçant "l'atteinte à la pudeur" : « l'exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public » est passible d’une peine d’un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Toutefois, en n'énonçant pas clairement les éventuelles parties du corps à dissimuler, il n'est pas dit explicitement que montrer ses seins dans l'espace public constituait une infraction. Bonne nouvelle, il n'y a donc rien d'illégal à libérer le téton ! Attention toutefois, car des cas inverses font jurisprudence : ont par exemple été sanctionnés les mouvements de seins lors d'un duel de ping-pong en 65 ou encore ceux de l’ex-Femen Éloïse Bouton condamnée à des dommages et intérêts et à un mois de prison avec sursis pour "exhibition sexuelle".  

A Paris, comme dans la plupart des villes, ce cadre est défini par le réglement intérieur de la municipalité. Les seins à l'air (de même que le string) sont interdits à la piscine municipale, dans les jardins et les bois de la ville ainsi que sur les quais de Seine, même lors de Paris Plages. 

La solution la plus sûre serait donc encore de jouer à cache-cache. Reste que le vêtement est une manière de militer et de diffuser au plus grand nombre l'idée de l'égalité des torses hommes-femmes. Alors, vous adoptez le style ou pas ?