#MetooGHB : plusieurs personnes droguées au GHB à Paris appellent les bars et boîtes de nuit à réagir

Pigalle © iStock

En Angleterre, en Belgique et en France, patrons d’établissements de nuit et gouvernement sont interpellés sur les réseaux sociaux par plusieurs personnes relatant des faits d’administration de substances comme le GHB en soirée, suivis pour beaucoup d’agressions sexuelles.

C’est à Bruxelles que les langues se délient en premier, début octobre, lorsque plusieurs femmes disent avoir été droguées dans deux bars phares du quartier d’Ixelles, le Waff et El Café. Les témoignages se dirigent en particulier vers les employés de ces établissements, barmans pour la plupart, “qui auraient administré des drogues dans les verres de certaines clientes à leur insu, avant d’abuser sexuellement d’elles” relate Le Bonbon Nuit. Ces témoignages glaçants sont rassemblés par le compte Instagram Balance ton Bar

"Le serveur a volé mon téléphone et l’argent en cash dans mon portefeuille."

Créé à la mi-octobre, il rassemble plus de 18 000 abonnés et relaie des événements ayant eu lieu dans plusieurs bars de la ville bruxelloise. “Un des barmans a mis du GHB dans mon verre (...) heureusement que mon amie était présente car j’étais au sol, mal et je vomissais. Je ne me souviens de rien (...) Le serveur a volé mon téléphone et l’argent en cash dans mon portefeuille. Il y avait 160 euros.” relate l’une des victimes sur le compte. Les témoignages pour le moins glaçants ont mené à une grande marche de près de 1.300 personnes au cimetière d’Ixelles en soutien aux victimes de ces violences sexuelles le 14 octobre. 

Des faits de d’administration de GHB à Paris sont également dénoncés depuis une semaine sur Instagram et Twitter, relayés par l’association Héro·ïnes du Val d’Oise. Le premier est relatif à une intoxication au bar O’Sullivans à Pigalle dans la nuit du 30 au 31 octobre, où l’une des militantes du réseau a été intoxiquée :Elle a eu tous les symptômes de l'intoxication au GHB : vomissements, malaises, quasi la perte de connaissance, elle ne tenait plus sur ses jambes, il y a des moments elle n'était plus en état de parler.” a détaillé une militante de l’association auprès de BFMTV. Un autre appel à témoin pour le même motif a été lancé au Bus Palladium, bar dansant du 9e. Une recherche étendue également aux Noctambules et à tout le quartier pour déterminer si au cours de ces derniers mois/années, des actions similaires avaient été relatées. 

À Bruxelles, ces faits ont conduit à une action de boycott des bars et des clubs le week-end du 7 novembre, pour dénoncer l’inaction des établissements face à ces faits qui ont lieu entre leurs murs. En Angleterre, des actions de boycott sont déjà en cours via le mouvement #GirlNight organisé pour protester contre le “spiking”, une pratique qui consiste à droguer quelqu’un à son insu avec de l’alcool, du GHB voire des seringues dans certains cas. Les autorités locales rapportent 198 faits avérés d’intoxication au GHB et 56 faits d’empoisonnement par injection ces deux derniers mois. 

Le collectif bruxellois les Sous-Entendues a également appelé au boycott des bars et des clubs le 12 novembre pour faire réagir “par le porte-monnaie” les gérants de ces établissements. 

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