Emma Watson, une Femen et 3 Nobel sont reçues à l’Élysée aujourd’hui

Grande nouvelle pour la France, le premier Conseil consultatif pour l’égalité hommes-femmes aura lieu aujourd’hui. Pour ce faire, le président Emmanuel Macron a convoqué des figures symboliques de la lutte.

Après l’affaire #MeToo en octobre 2017, plus possible de faire l’impasse sur l’égalité (ou l’inégalité) hommes-femmes dans une démocratie comme la France. Emmanuel Macron a mis ce sujet au centre de ses priorités. Il met donc en place ce premier Conseil consultatif sur l’égalité hommes-femmes.


Qui sera présent ?

Pour ce conseil, le président n’a pas choisi ses invités au hasard. Emma Watson, l’actrice anglaise, fervente militante pour les droits des femmes et ambassadrice pour les femmes à l’ONU, mais aussi Inna Shevshenko, la présidente des Femen, les prix Nobel de la paix Denis Mukwege et Nadia Murad, la journaliste Caroline Fourest, la réalisatrice du film LOL Lisa Azuelos et Jamie Mc Court, ambassadrice américaine en France qui représente Ivanka Trump. L’Élysée précise qu’ « une chaise vide sera placée à côté du président de la République pour symboliser la présence de l’avocate iranienne Nasrine Sotoudeh, actuellement emprisonnée ». L’avocate avait été emprisonnée en 2018 pour avoir donné son soutien à des femmes ayant manifesté contre le port du voile. Elle représente donc une figure iconique de la lutte des femmes. Et, bien évidemment, la secrétaire d’État à l’égalité hommes-femmes Marlène Schiappa.


De quoi on va parler à ce conseil ?

Des femmes, oui mais encore ? Le G7 s’était engagé en 2018, sous l’impulsion du Canada (plutôt paradoxal quand on sait que les femmes autochtones du pays disparaissent et sont tuées impunément, près de 600 en 30-40 ans), à favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde. La France en reprend la présidence pour l’année 2019 et accueille son sommet du 25 au 27 août à Biarritz. Le but du sommet est d’identifier les lois les plus favorables aux femmes et de proposer aux pays du G7 un ensemble législatif dans lequel chacun pourra choisir une ou plusieurs bonnes pratiques à mettre en œuvre. Un peu le jeu de la courte paille

Emmanuel Macron va annoncer les nouveaux moyens pour que le France mène une « diplomatie féministe ambitieuse ». Il a soulevé trois priorités : lutter contre les violence sexistes et sexuelles, favoriser l’éducation des filles et des femmes et encourager l’entreprenariat féminin, mais également obtenir au G7 un engagement contre le cyber-harcèlement. Des grands mots qu’on entend beaucoup dans la bouche des politiques mais dont on a du mal à constater les effets dans la réalité.


Piqure de rappel sur l'état de l’égalité des sexes en France

En France, il y a 52% de femmes et 48% d’hommes. En moyenne, le revenu mensuel des femmes est de 1349€, celui des hommes de 1835€. Selon le dernier rapport du Forum économique mondial publié en novembre 2017, la France a gagné six places en un an et demi, et arrive désormais au 11e rang dans le classement général de la parité hommes/femmes sur un total de 144 pays. Les critères de classement sont l’économie, l’éducation, la santé et la politique.

Mais l’écart des salaires reste un gros problème en France, avec 9% d’écart sur des postes équivalents. L’année dernière, le gouvernement votait une loi pour supprimer cet écart en infligeant une pénalité pouvant atteindre 1% de la masse salariale aux entreprises qui ne résorberaient pas en trois ans les écarts injustifiés de salaire.

Voici quelques autres chiffres marquants : il y a 42% d’écart dans les droits à la retraite, les femmes consacrent deux fois plus de temps aux tâches domestiques et aux enfants que les hommes, ce qui les empêche de s’épanouir au même niveau. Dans les médias, les femmes font quatre fois moins la Une, et le pire de tout, une femme sur sept a déjà été agressée sexuellement selon l’INED. Un vrai fléau en France et dans le monde.

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NON AU PERMIS DE VIOLER ! Aujourd’hui au #Sénat, est voté, en catimini dans le silence médiatique le plus total, une réforme scandaleuse. Alors que, nous féministes, nous nous battons contre la correctionnalisation en masse du viol, désormais, ce crime comparaîtra devant un tribunal sans jurés et bénéficiera uniquement de quelques heures d’audience. #FEMEN réclame une ovation pour Mme Belloubet, Garde Des Sceaux, pour sa réforme injuste et pathétique ! Seuls les viols en appels, seront, eux, jugés aux Assises. À ça, se rajoute la réduction des délais de saisine d'un-e juge d'instruction après dépôt de plainte avec constitution de la partie civile (après classement). Ils vont passer de 6 à 3 mois. Pratique, ça va devenir un véritable marathon pour la victime pour instruire un dossier ! En plus d’être impuni, le viol, va être mal jugé. Les dossiers des victimes vont être bâclés, les procédures raccourcies, les affaires écourtées. C’est un couperet pour les femmes et les enfants majoritairement victimes de viols. Ainsi le viol d’une enfant, pendant les parties fines de son père libertin, ne sera plus considéré comme un « vrai » crime. Ce sera jugé comme un «petit» crime, au rabais, sans moyens, à la sauvette, et vite fait. À quoi ça sert de se lever contre les violences faites aux femmes s’il n’y a plus personne aux Assises pour juger correctement des affaires et de leurs gravités ? La justice patriarcale est un rouleau compresseur, et vient dernierement d’enterrer nos droits à tous-tes ! #femen photo @capucinehenry

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Aussi, en tant qu’individus, il faut continuer la lutte, manifester, se soutenir entre femmes et être soutenues par des hommes. Éduquer les jeunes, les générations futures pour ne faire que progresser, ne jamais régresser sur un sujet qui a plusieurs fois dans l’Histoire fait le yoyo. Un beau programme donc pour cette journée du 19 février. Alors que les gilets jaunes font toujours la une des médias après 14 semaines de mobilisation, cette nouvelle du Premier conseil consultatif sur les l'égalité Hommes-Femmes en France a été relayée par seulement deux médias : le Huffington post, PurePeolple et évidemment, nous. 

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