En Chine, des femmes peuvent louer des hommes attentionnés

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Les femmes chinoises lassées du mansplaining de leurs pairs masculins ont désormais l'opportunité de se libérer des mauvais réflexes du patriarcat pour enfiler ceux du capitalisme : payer des hommes pour passer des moments avec elles et les écouter sans les interrompre.

Le média chinois Sixth Tone rapporte l'ouverture d'un nouveau café, "Promised Land" à Shanghaï en octobre 2020. Au sein de cette terre promise donc, les clientes peuvent louer de jeunes hommes pour passer un moment, pour une sortie ou pour faire les magasins. 


Pour changer des hommes chinois, « si moyens et pourtant si confiants »

Sixth Tone raconte l'histoire de Zheng, une quarantenaire divorcée qui plutôt que de dater préfère louer un "butler" (littéralement "majordome") pour passer du temps avec elle, que ce soit pour jouer à des jeux, boire des coups ou regarder des films tout en « écoutant attentivement ce qu'elle a à raconter ». Coût de l'opération : 400 yuans, soit environ 52 euros. « Les butlers me respectent et se soucient de ce que je ressens, explique-t-elle à Sixth Tone. Et même si vous avez un petit ami, il ne sera probablement pas aussi attentionné, non ? » En moyenne, les clientes dépenseraient 78€, indique sous le pseudonyme "Mero", l'une des cofondatrices de Promised Land, expliquant avoir créé le lieu « pour donner aux femmes un espace où elles ont le contrôle ». Une cliente fidèle du café, Wang Qian, étudiante de 24 ans, appuie les propos de la gérante, reprenant l'expression d'une humoriste chinoise, et explique que les hommes qu'elle rencontre au quotidien sont « si moyens et pourtant si confiants ».

Ces "butlers" portent une tenue inspirée de celles des majordomes, mais d'autres vêtements sont disponibles à la demande des clientes. Le concept s'inspire d'établissements déjà existants au Japon, où les maid cafés et butlers cafés pullulent depuis plusieurs années. 

« Pour certaines clientes, disposer d'un homme à l'écoute est gratifiant et amplifie l'estime de soi, dans un environnement où elles ont l'habitude que leurs problèmes et opinions soient insignifiants aux yeux des hommes », décrypte le média Korii.

 « Si les relations dans notre pays étaient respectueuses et amicales, je crois que cette activité n’existerait pas », a ajouté Wang Qian, citée par Sixth ToneQuand le patriarcat et le capitalisme ruissellent sur les rapports hommes-femmes. Tristesse infinie.

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