g06nan54b5

Les premières critiques à la sortie de Star Wars en 1977

undefined undefined 16 décembre 2015 undefined 00h00

undefined undefined 16 décembre 2015 undefined 14h03

La Rédac'

Il y a fort fort longtemps, en 1977, sortait sur les écrans de cinéma américains un film aujourd'hui devenu légendaire, mythique. Mais remettons-nous dans le contexte : à l'époque, le film est un véritable OVNI, et les critiques l'accueillirent forcément de façons bien diverses. Petite revue de presse de l'époque, traduite par nos soins.

  Pauline Kael, du New Yorker :

"Star Wars", c'est comme recevoir un paquet de Cracker Jacks pour unique prix. C'est le film du scénariste-réalisateur George Lucas, son propre film, départi de toute interférence commerciale, et pourtant c'est un film totalement inintéressé par tout ce qui ne se rapproche pas de l'audience de masse. Il n'y a aucun répit dans le film, aucun lyrisme ; la seule tentative de beauté se résume au double coucher de soleil. C'est appréciable en soi, mais c'est également épuisant : c'est comme emmener des gamins au cirque... C'est épique, mais pas onirique.

guerre-des-etoiles-1977-72-g

Roger Ebert, du Chicago Sun-Times :

"Star Wars" tire la pulpe fantastique emmagasinée dans nos souvenirs, et comme c'est fait très brillamment, cela réactive de vieux frissons, peurs et exaltations que nous croyions avoir laissés derrière nous en lisant notre dernier numéro de "Amazing Stories".

John Simon, du New York magazine :

Enlevez à "Star Wars" ses images souvent marquantes et son jargon scientifique prétentieux, et vous obtenez une histoire, des personnages et des dialogues d'une écrasante banalité, sans même un style "futur". Des êtres humains, des anthropoïdes, ou robots que vous pourriez probablement trouver tels quels aujourd'hui dans le centre-ville de Los Angeles... Ô stupide nouveau monde !

guerre-des-etoiles-1977-36-g

Vincent Canby, du New York Times : 

"Star Wars" est la saga la plus élaborée, la plus chère, la plus belle jamais faite. C'est à la fois une apothéose du feuilleton "Flash Gordon" et une critique pleine d'esprit qui crée des ponts avec une sorte de littérature qui n'est rien si ce n'est éclectique : "Quo Vadis ?", "Buck Rogers", "Ivanhoe", "Superman", "Le Magicien d'Oz", "L'Evangile selon Saint-Mathieu", la légende du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde... L'une des véritables prouesses de M. Lucas est la manière avec laquelle il est capable de reproduire l'aspect adhésif des vieux comics et feuilletons qu'il aime sans faire un film qui soit, lui-même, collant.

Stanley Kauffmann, du New Republic : 

La seule façon dont "Star Wars" aurait pu être intéressante était à travers son imagination visuelle et ses effets spéciaux. Aucun de ces deux aspects n'est exceptionnel. J'ai cherché désespérément un "bord", pour contourner les banals et solennels passages de style comics ; il les a affrontés de face et entièrement. Ce film a été fait pour ceux (hommes particulièrement) qui trimballent en eux un cercueil de leur adolescence, un calice d'un Moi qui était "mieux alors", avant que les affaires du monde ou - dans n'importe quel sens complexe - le sexe n'interviennent.

07104404-photo

Charles Champli, du Los Angeles Times :

"Star Wars", c'est Buck Rogers avec un doctorat mais sans aucune trace de névrose ou de cynisme, un gallop bruyant et exubérant à travers un lointain monde futur, plein de langages, de créatures et de coutumes exotiques, qui cohabitent allègrement avec le voisin et la voisine d'à côté et un couple d'amicaux survivants de la planète des singes, et potentiellement d'Oz (un bûcheron en fer blanc qui aurait une assiette en or pour diplôme).

source