Comme les sorties ciné c’est pas toujours folichon folichon, on vous propose chaque semaine cinq films à voir ou à revoir, piochés dans le programme télé, notre mémoire de gamin, les magazines spécialisés, et – quand même ça vaut le coup parfois – les salles obscures de la capitale. Et une série aussi, parce qu’on sait que vous êtes des gros geeks.
Au ciné cette semaine
Dur dur en ce moment. C'est pas encore cette semaine que vous trouverez du réconfort dans les salles obscures, car les films à l'affiche mercredi sont à l'image de la météo qui plane sur Paname : dégueulasse. Bon on est un peu durs, mais franchement rien qu'à checker les affiches t'as envie de pleurer puis de t'endormir à la recherche d'un monde meilleur. Cela étant dit, il y a quand même quelques trucs pas mal du tout, notamment "A War", dont on vous livre un descriptif ici, "Apprentice", la claque cannoise peut-on lire partout dans le métro, et "Mr Gaga", pour ceux qui apprécient la danse. Sinon c'est scandaleusement naze, avec, excusez du peu : "Alice de l'autre côté du miroir" et un Johnny Depp désormais obligé de se grimer à fond pour ressembler à quelque chose, "Retour chez ma mère", avec Lamy et Balasko, je n'en dirai pas plus, et l'onctueux "The Door", de l'épouvante de bas étage, visiblement. "Think pink", disait l'autre.
Ils sont partout
Yvan Attal s'attèle a priori avec beaucoup d'humour à un sujet plutôt sensible qu'on pourrait tenter de résumer ainsi : la psychose paranoïaque juive. Si c'est drôle, c'est bien. Sinon, c'est mal. Normalement ça devrait passer crème, le gars, pas con, s'est entouré de têtes parfaites : Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Danny Boon, Charlotte Gainsbourg et soyons fous, Gilles Lellouche en Jésus Christ. Alea jacta est.
Le lendemainPrésenté lors de la Quinzaine des réalisateurs en marge de Cannes, le film du Suédois Magnus von Horn semble avoir tout d'un grand. Après avoir purgé sa peine de prison, John, encore adolescent, rentre chez son père qui souhaite le réinsérer dans la société. Cette bonne volonté n'est malheureusement pas du goût de tout le monde. Un sujet grave traité avec talent par ce jeune réalisateur (32 ans) et interprété avec beaucoup de justesse par Ulrik Munther. A découvrir urgemment !
Bella e PerdutaFilm arty et poétique comme on en voit trop peu, "Bella e Perduta" mêle mythes et réalité. De superbes plans soulignant la beauté des paysages d'une Italie "belle et perdue", des assertions du type « Dans un monde qui nous prive d'une âme, être un buffle est un art », un polichinelle sorti des profondeurs du Vésuve, tous les ingrédients sont réunis pour un voyage qu'on imagine aussi onirique que fascinant. Notre coup de cœur cette semaine.
En page 2 une série, un bon Johnny Depp et un festival rue Champollion Une série : OzBon je mets cette série là uniquement pour faire plaisir à mon pote Pablo. Il m'a tellement saoulé avec cette série que j'ai fini par en regarder quelques épisodes, et force est de constater que cet espèce de wannabe gangster conspirationniste avait raison : c'est chan-mé ! En gros ça se passe dans une prison de haute sécurité aux States, avec que des oufs qui vivent dedans, répartis en différents groupes (les Aryens, les Chrétiens, les Musulmans, les Homosexuels, les Italiens...), qui essaient de vivre ensemble et de développer des liens afin de faciliter une réinsertion future. Bien sûr, tout n'est pas si facile... Violence, amour, sexe, corruption, des persos aussi charismatiques que caricaturaux, une réalisation nerveuse et une esthétique très années 90... "Oz" est une petite merveille, surtout quand on sait que le premier épisode a été diffusé en juillet 1997.
Un bon Johnny Depp : La neuvième porteJohnny Depp, on le disait tout au début de cet article, n'est plus que l'ombre bouffie de lui-même. C'est tellement le cas et depuis maintenant tellement longtemps qu'on a tendance à oublier qu'il fut non seulement l'idole absolue de toute une génération, mais également un excellent acteur, capable de donner corps à n'importe quel personnage. Dans "La neuvième porte" de Roman Polanski, Depp trouve un rôle taillé pour lui, celui de Dean Corso, expert en livres rares, engagé par Boris Balkan pour retrouver les deux derniers exemplaires originaux d'un manuel d'invocations sataniques, "Les Neuf portes du royaume des ombres". Sombre et doté d'un charme insouciant presque comique, Johnny Depp est ici comme un poisson dans l'eau, aux côtés notamment d'une Emmanuelle Seigner envoûtante et mystérieuse. A (re)voir lundi soir sur Arte à 20h55.
Le Festival des cinémas de la rue ChampollionQuentin Tarantino déclarait récemment à "Télérama" : « Moi ce que j'aime à Paris, c'est la rue Champollion et ses petits cinémas ». Ce sont les petits cinémas de quartier qui font de Paris la capitale mondiale du cinéma de patrimoine, il a raison Quentin. Du coup pour la première fois, deux cinémas de cette fameuse rue, le Reflet Médicis et la Filmothèque du Quartier Latin, s'associent pour organiser un festival sur deux jours, ces vendredi et samedi 3 et 4 juin. Vous y trouverez des projections, des rencontres, des avant-premières (notamment celle de la version restaurée de "Macadam à deux voies", film culte de Monte Hellman de 1971) et plein de gens passionnés et sympas. Leur but ? Démocratiser le "cinéma de cinéphiles", faire découvrir au mec qui va régulièrement aux Halles toute la richesse d'un cinéma qu'il soupçonne mais n'ose peut-être pas approcher. La prog complète ici.
