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Trains, congé parental, aides : quelles mesures pour relancer la natalité ?

undefined undefined 11 février 2026 undefined 13h00

Jérémy Pennors

Le constat de la mission est clair : le désir d’enfant reste élevé en France, mais il se heurte à des obstacles de plus en plus lourds. Le décalage entre projet et passage à l’acte s’explique d’abord par les contraintes financières (39 %). Viennent ensuite l’insécurité de l’emploi ou le chômage (21 %), les difficultés liées au logement (19 %), les inquiétudes face à la situation politique ou sociale (14 %) et enfin l’infertilité ou les difficultés à concevoir (12 %).

Pour le rapporteur Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), il s’agit donc « d’aider les Français à réaliser leur désir d’enfant », en s’attaquant concrètement à ces freins. 


Un désir d’enfant fort, mais empêché

La mesure phare est la création d’un « versement familial unique » de 250 euros par mois et par enfant, sans condition de ressources, dès le premier enfant et jusqu’à ses 20 ans.

Cette aide fusionnerait une dizaine de dispositifs existants, pour plus de lisibilité, avec un surcoût estimé entre 5 et 10 milliards d’euros. Une manière de soutenir particulièrement les classes moyennes, « celles pour qui la pénalité financière est la plus élevée », souligne Constance de Pélichy (UDI), présidente de la mission.

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Logement : « si vous n’avez pas de chambre, vous n’avez pas de bébé »

Parmi les freins identifiés, le logement occupe une place centrale. « Pour les jeunes couples, la surface du logement est en moyenne de 18 mètres carrés, inférieure à celle qu’on pouvait connaître dans des générations précédentes. 18 mètres carrés, c’est une grande pièce ou deux chambres. Et on imagine bien que quand on n’a pas de chambre à dédier à un enfant, on ne va pas pouvoir réaliser un projet familial », pointe Constance de Pélichy.

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Alors que 50 % des 20-29 ans vivent encore chez leurs parents et que les prix de l’immobilier ont doublé en vingt ans, la mission propose un « prêt à taux zéro famille » pouvant aller jusqu’à 100 000 euros, accessible dès la déclaration de grossesse.

Le rapport recommande aussi un congé parental unifié de douze mois, rémunéré proportionnellement au salaire, pour limiter la perte de revenus, ainsi que l’ouverture du congé proche aidant aux grands-parents. Des autorisations d’absence pour assister aux moments clés de la scolarité sont également suggérées. L’idée : réduire la pénalité professionnelle et mieux partager la charge familiale.


Une société moins « no kids » ?

Au-delà de l’économie, la mission met en lumière un changement culturel. Sur les réseaux sociaux, les témoignages de femmes revendiquant le choix de ne pas avoir d’enfants se multiplient. « C’est la vraie nouveauté : les femmes, aujourd’hui, osent revendiquer le fait qu’elles ne veulent pas d’enfants », observe Constance de Pélichy.

Dans ce contexte, la place des enfants dans l’espace public devient un symbole. Après la polémique autour d’une offre SNCF perçue comme excluant les plus jeunes, la mission recommande de rendre obligatoires des espaces adaptés aux enfants dans les trains. « On ne peut pas s’alarmer de la baisse des naissances et ne plus les tolérer », insiste la députée.

Reste à savoir ce que deviendront ces propositions. Le rapport n’engage pas l’exécutif. Certaines mesures pourraient être mises en œuvre d’ici 2027, d’autres relèveraient d’un futur projet présidentiel. Sur ce terrain sensible, la démographie impose de toute façon un temps long, bien au-delà d’un quinquennat.