La galère n’est pas prête de s’arrêter pour les passagers des compagnies aériennes. Avec le conflit déclenché après les frappes contre l’Iran, l’espace aérien du Moyen‑Orient reste largement perturbé, entraînant des milliers d’annulations, des fermetures de routes aériennes et des désorganisations de vols qui dépassent largement la région concernée.
À Paris, ces perturbations se traduisent déjà par une désorganisation visible dans les terminaux : le PDG d’Aéroports de Paris (ADP), Philippe Pascal, a averti que même si le trafic se rétablissait rapidement, « il faudrait plusieurs jours, voire plusieurs semaines » pour retrouver un fonctionnement normal des vols et des couloirs aériens.
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À Paris, des centaines de vols déjà annulés
Et les chiffres parlent d’eux‑mêmes. Le trafic est en baisse de 7 % à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle et de 1 % à Aéroport de Paris-Orly.
Si la situation persiste, environ 300 vols pourraient être annulés d’ici la fin de la semaine, après déjà 130 départs manqués affectant près de 35 000 passagers. Pour les voyageurs, cela se traduit par des correspondances ratées, des nuits à l’hôtel et des réorganisations de dernière minute.
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Un effet domino dans les 24 aéroports du groupe
Le groupe ADP, détenu majoritairement par l’État français, exploite 24 aéroports dans le monde. Or, les perturbations ne se limitent pas à la région parisienne : certains hubs internationaux enregistrent des chutes d’activité drastiques. En Jordanie, le trafic a chuté de 50 %, et à Médine de 25 % récemment, tandis que l’aéroport de Delhi, le plus fréquenté du groupe, accuse un recul de 5 à 7 % par ricochet.
Les fermetures d’espaces aériens et les restrictions de survol obligent les compagnies à rallonger certaines trajectoires ou à suspendre des lignes, immobilisant avions et équipages loin de leurs bases et compliquant encore davantage la programmation mondiale des vols.
🔴 [ Guerre Iran ]
— air plus news (@airplusnews) February 28, 2026
Des dizaines de vols déroutés depuis ce matin en raison du début de la guerre en Iran.
Des milliers de vols annulés, et des aéroports totalement paralysés.
📷 @flightradar24 pic.twitter.com/rLUNqWRNmq
Des milliers de vols annulés au Moyen‑Orient...
La crise a d'ailleurs provoqué une vague d’annulations sans précédent depuis le début du conflit : au moins 1 560 vols à destination du Moyen‑Orient ont été annulés lundi sur 3 779 prévus, selon les données de Cirium, soit près de 41 % du total prévu. Plusieurs compagnies ont prolongé leurs suspensions : Air France a notamment étendu l’arrêt de ses vols vers Tel‑Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad au moins jusqu’au 5 mars inclus.
Les compagnies aériennes du monde entier déstabilisées par la guerre au Moyen-Orient, le trafic très perturbé. Près de 1 700 vols ont été annulés à travers le monde https://t.co/gKLtGeGogX #AviationCivile #MoyenOrient #Guerre #Iran pic.twitter.com/l0tp5a4BAE
— SpecialDefense (@Infos_defense) March 2, 2026
...et dans le reste du monde
De son côté, l’Association internationale du transport aérien (Iata), qui regroupe plus de 360 compagnies représentant 85 % du trafic commercial mondial, a appelé les belligérants à épargner avions et infrastructures aéroportuaires pour limiter l’impact sur le secteur civil.
Même si les combats s’apaisaient, le ciel ne se réorganise pas en un jour : la réaffectation des appareils, le repositionnement des équipages et la réouverture des corridors aériens exigent du temps et une coordination internationale. Pour les voyageurs, cela signifie que vérifier l’état de son vol, anticiper d’éventuelles modifications et suivre les communications des compagnies restent absolument indispensables face à des perturbations encore appelées à durer.
