Le constat fait froid dans le dos. Selon la Fédération hospitalière de France, les hospitalisations pour tentative de suicide ont bondi ces dernières années. Entre 2019 et 2024, elles ont augmenté de 16,6 % au niveau national, et de 25,4 % chez les femmes.
Mais ce sont surtout les plus jeunes qui inquiètent. Chez les adolescentes et jeunes femmes, les chiffres s’emballent : +76 % pour les 20-24 ans en cinq ans, et même +118 % chez les 10-14 ans. Une progression fulgurante qui souligne une fragilité accrue dans ces tranches d’âge, déjà particulièrement exposées aux troubles anxieux, à la dépression et aux pressions sociales.
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Accès aux soins : une génération laissée en attente
En parallèle, la prise en charge peine à suivre. Aujourd’hui, consulter un spécialiste relève souvent du parcours du combattant. Chez les 18-24 ans concernés par des troubles psychiques, 64 % évoquent des délais d’attente trop longs pour voir un psychiatre. Plus inquiétant encore : plus d’un sur deux affirme ne pas avoir réussi à obtenir de rendez-vous.
Les difficultés ne s’arrêtent pas là. Ruptures de stock de médicaments, interruptions de suivi médical, manque de structures adaptées… Près de la moitié des jeunes concernés disent avoir été laissés sans accompagnement à un moment critique. Une situation qui aggrave les risques et retarde les prises en charge essentielles.
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Des réponses attendues de toute urgence
Face à cette crise, les appels à l’action se multiplient. La santé mentale, pourtant érigée en grande cause nationale, peine à se traduire concrètement sur le terrain. La Fédération hospitalière de France plaide pour des mesures immédiates et financées, notamment la création d’une délégation interministérielle dédiée.
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Parmi les pistes avancées : renforcer les centres médico-psychologiques, lutter contre le manque de professionnels, particulièrement en pédopsychiatrie, et développer des structures adaptées aux 16-25 ans. Les « maisons des adolescents », encore trop peu nombreuses, pourraient jouer un rôle clé dans la prévention et l’accompagnement.
Si des annonces ont été faites pour renforcer ces dispositifs, le décalage entre l’urgence des besoins et la réalité des moyens reste, pour beaucoup, abyssal.
