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Bientôt des Ramblas comme à Barcelone dans le 11e ? 

undefined undefined 27 avril 2026 undefined 09h30

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Jérémy Pennors

Un projet ambitieux… et explosif. Inspirée de La Rambla, la transformation des boulevards Richard-Lenoir et Jules-Ferry, au cœur du 11e, devait offrir une vaste promenade végétalisée entre Bastille et Stalingrad, dans le prolongement du canal Saint-Martin. Objectif : plus de nature, moins de voitures, et une priorité donnée aux mobilités douces.

Mais dès son annonce en 2023, le projet porté par la majorité d’Anne Hidalgo a cristallisé les oppositions. Coût jugé excessif, crainte d’une « touristification » à l’espagnole et inquiétudes sur la sécurité : pour certains habitants, la pilule ne passe pas.


Les fameuses « grilles » comme symbole du conflit local

Au cœur de la discorde : les grilles entourant les squares du terre-plein central. Leur retrait, envisagé pour ouvrir l’espace, est devenu le point de rupture. Les opposants y voient une menace pour la sécurité des enfants et un recul pour la biodiversité.

Mobilisés, certains riverains ont créé l’association « Sauvons Jules et Richard », tandis que des recours ont été déposés, notamment par France Nature Environnement Paris. Résultat : des travaux stoppés net dans le 11e après une décision de justice, malgré une reprise autorisée ailleurs.

Sur place, l’ambiance reste contrastée : entre habitués attachés à ce coin de verdure discret et partisans d’une transformation plus ouverte, le boulevard est devenu un terrain de débat à ciel ouvert.


Une concertation relancée, sans tabou ?

Nouvel homme fort de l’arrondissement, David Belliard veut apaiser les tensions sans renoncer à l’ambition écologique. « Il ne doit pas y avoir de tabou », assure-t-il, prêt à revoir les modalités du projet sans en abandonner la philosophie. Face à lui, l’opposition, incarnée notamment par Delphine Goater (Horizons), plaide pour une simple rénovation de l’existant plutôt qu’un chantier « pharaonique ». Même du côté des riverains mobilisés, le ton évolue : moins de rejet frontal, plus d’envie de co-construire.

Reste une inconnue majeure : la Ville acceptera-t-elle de revoir des points sensibles comme les grilles ? Après des années de bras de fer, l’avenir des « ramblas » parisiennes pourrait bien se jouer dans cette nouvelle phase de dialogue.