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Pollution dans le métro : la RATP freine l’enquête sur la qualité de l’air

undefined undefined 10 avril 2026 undefined 07h30

Jérémy Pennors

C'est peu dire que l’expertise était attendue... Il y a près d’un an, en mai 2025, le comité social et économique Métro transport et services (CSE MTS) votait la réalisation d’une étude poussée sur l’air respiré par les conducteurs de métro.

L’objectif : analyser leur exposition aux poussières et agents chimiques dans les tunnels souterrains. Dans la foulée, un cabinet spécialisé a été désigné pour évaluer les risques liés à ces conditions de travail.

Pourtant, près d’un an plus tard, l’étude tarde à commencer. La RATP avait déjà tenté de contester le principe même de cette expertise devant le tribunal judiciaire de Paris, mais avait été déboutée.

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Contestation des coûts et du déroulé de l’étude

Jeudi dernier, la direction est revenue à la charge. Cette fois, elle s’attaque au déroulé de l’expertise et à son coût, évalué à 207 250 euros. La RATP critique le choix des sous-traitants, le nombre d’intervenants et les frais de déplacement et de bouche, jugés excessifs.

L’avocat de l’entreprise cite le coût de l’hôtel à 200 €, comparé à des solutions moins chères sur Booking. L’avocat du CSE, Jérôme Borzakian, rétorque que ces frais permettent aux experts de travailler dans la confidentialité et avec rigueur, rappelant leurs CV et leur expérience dans le domaine. Selon lui, réduire la mission reviendrait à compromettre sa qualité scientifique.


Particules fines : mesurer la quantité ou connaître la composition ?

Le cœur du différend reste la nature des particules fines. La RATP accepte de mesurer leur quantité, mais conteste leur composition. Pourtant, la justice avait déjà tranché en septembre : l’expertise devait inclure cette analyse. « Ils ne veulent pas qu’on connaisse le contenu de ces poussières. La quantité, ça a déjà été faite mille fois ! » insiste l’avocat du CSE.

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Le délibéré sur ce bras de fer est en tous cas attendu le 7 mai prochain. En attendant, les conducteurs, qui travaillent quotidiennement dans ces conditions, attendent toujours de savoir exactement ce qu’ils inhalent