« L’écologie à Paris est d’abord une politique de santé publique ». En présentant son projet pour 2026, Emmanuel Grégoire assume une ligne claire : accélérer la transformation engagée depuis dix ans pour faire face aux canicules à répétition et à la pollution.
Selon les projections, la capitale pourrait connaître des pics à 50 °C dès 2030 et jusqu’à vingt nuits caniculaires par an à l’horizon 2050. Pour l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, il faut désormais changer d’échelle.
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Du périphérique aux grands axes, la voiture encore en recul
Après une baisse de 25 % des émissions de gaz à effet de serre en dix ans et une chute de 34 % du trafic routier, l’équipe d’Emmanuel Grégoire veut poursuivre la réduction de la place de la voiture. Symbole fort : le périphérique deviendrait un « boulevard urbain ». Ouvert davantage aux transports en commun et au covoiturage, végétalisé, il pourrait à terme accueillir des pistes cyclables. Des premiers tronçons, comme la porte de Gentilly, seraient transformés dès le mandat.
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Dans le même esprit, dix grands axes seraient convertis en promenades urbaines : de l’avenue Victoria à l’avenue Foch, en passant par le boulevard de Ménilmontant ou l’avenue de l’Observatoire. En parallèle, 1 000 nouvelles rues piétonnes verraient le jour. Objectif : créer des « cœurs de quartier » apaisés, où l’on circule à pied ou à vélo, tout en maintenant des accès pour les livraisons et les riverains. Les portes de Paris seraient requalifiées en véritables places, reliées par une ceinture verte, culturelle et sportive.
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Places, berges et petite ceinture : cap sur la ville fraîche
Cinq grandes places (Concorde, Trocadéro, Italie, Stalingrad et Gambetta) seraient largement végétalisées pour devenir des refuges ombragés en cas de canicule. La place de la République, souvent critiquée pour sa minéralité, serait elle aussi revégétalisée.
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Le programme prévoit également l’ouverture de 10 kilomètres supplémentaires de la petite ceinture, ainsi que 25 kilomètres de promenade continue le long de la Seine. À l’est, le port de l’Arsenal pourrait devenir une zone de baignade, reliée aux jardins de Bercy. À l’ouest, la passerelle Debilly serait connectée à la Concorde. Une manière de redonner de la place à l’eau et aux continuités écologiques dans une ville très dense.
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« Mobiliser chaque mètre carré » contre la chaleur
Mais la transformation ne s’arrête pas à l’espace public. Emmanuel Grégoire veut « penser la ville dans toutes ses épaisseurs : le sol, le sous-sol, les réseaux, les immeubles… ». Rénovation énergétique accélérée, généralisation des volets dans le parc social, récupération de chaleur des data centers, valorisation des eaux de pluie, végétalisation légère des toits en zinc et déploiement de panneaux photovoltaïques : chaque surface disponible serait mise à contribution.
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Un plan « grand chaud » compléterait le dispositif : création de refuges de fraîcheur, raccordement accru au réseau Fraîcheur de Paris, adaptation des écoles, crèches et Ehpad, climatisation utilisant l’eau de la Seine. Un « campus de la résilience » formerait enfin une réserve citoyenne pour faire face aux crises climatiques. Pour le candidat socialiste, la bataille climatique se gagnera mètre carré par mètre carré, et d’abord dans la rue.
