Une interdiction jugée largement « disproportionnée » par la justice. Depuis 2023, les VTC étaient exclus d’un axe majeur reliant la Bastille à la Concorde, au cœur de Paris. Un dispositif voulu par la mairie pour favoriser les mobilités douces et fluidifier le trafic, dans la continuité de la transformation engagée depuis les « coronapistes » de 2020.
Mais pour le tribunal administratif, la mesure ne passe pas. Dans sa décision rendue le 23 avril 2026, il estime que l’interdiction faite aux VTC n’est ni nécessaire ni proportionnée. Les juges rappellent notamment que les véhicules d’urgence peuvent déjà emprunter les voies cyclables, ce qui rend l’argument de la fluidité des secours insuffisant pour justifier une exclusion totale. Résultat : la Ville de Paris est contrainte de revoir sa réglementation dans un délai de trois mois.
La justice ordonne à la mairie de Paris de laisser les VTC circuler sur la rue de Rivoli et la rue Saint-Antoine
— cdesplaces (@cdesplaces) April 23, 2026
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Uber, Allocab et Chabé crient victoire
Pour les plateformes de VTC, la décision sonne comme une victoire nette. Uber, Allocab et Chabé dénonçaient depuis des mois une « rupture d’égalité » avec les taxis, seuls autorisés à emprunter cette voie stratégique du centre parisien.
En pratique, cette interdiction obligeait les chauffeurs à de longs détours, rallongeant les temps de trajet et complexifiant la desserte de quartiers très fréquentés comme le Marais, le Louvre ou l’Hôtel de Ville. Une situation désormais jugée contraire à la liberté du commerce et aux règles de concurrence. Dans un communiqué, les entreprises saluent la fin d’une « discrimination injustifiée » et espèrent un retour rapide à la normale pour leurs chauffeurs… et leurs clients.
Le tribunal juge illégale l’interdiction faite aux voitures avec chauffeur (VTC) de circuler sur l’axe rue de Rivoli et rue Saint-Antoine, à Paris. La mairie a trois mois pour les autoriser à y rouler, comme les taxis. https://t.co/Hvcpo6ZM5H
— Jérôme Rabenou (@rabenou) April 24, 2026
Paris face à un dilemme entre mobilité et concurrence
Au-delà du simple conflit VTC-taxis, cette décision met en lumière un enjeu plus large : celui de l’équilibre entre politique de mobilité urbaine et respect du droit de la concurrence. La mairie de Paris défend une vision de la ville centrée sur les mobilités douces et la réduction de la place de la voiture. Mais le tribunal rappelle qu’un aménagement de l’espace public ne peut pas conduire à exclure une catégorie professionnelle sans justification solide.
Reste désormais une question : la Ville va-t-elle accepter la décision ou tenter de faire appel ? Silence pour l’instant côté mairie, mais ce revers juridique pourrait bien relancer le débat sur la place des VTC dans le centre de la capitale.
